Turquie

Campagne électorale en Turquie: l’AKP célèbre la prise d’Istanbul

Les partisans du président turc Recep Tayyip Erdogan et de l'AKP, à Istanbul le 30 mai 2015 pour le 562e anniversaire de la conquête de Constantinople en 1453.
Les partisans du président turc Recep Tayyip Erdogan et de l'AKP, à Istanbul le 30 mai 2015 pour le 562e anniversaire de la conquête de Constantinople en 1453. REUTERS/Murad Sezer

A une semaine du scrutin législatif du 7 juin prochain, qui s'annonce critique pour le Parti de la justice et du développement (AKP) qui gouverne la Turquie depuis 13 ans, deux grands meetings se sont tenus samedi 30 mai à Istanbul, non loin l'un de l'autre : celui du parti au pouvoir qui célébrait la conquête de 1453, et celui du parti pro-kurde HDP (Parti démocratique des peuples), qui pourrait menacer la majorité absolue du mouvement majoritaire. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont participé à chacun des deux rendez-vous électoraux. Aucun incident à signaler.

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Avec notre correspondant à Istanbul,  Jérôme Bastion

D'abord, les avions à réaction de la patrouille acrobatique de l'armée de l'air. Puis une lecture solennelle du Coran. Et enfin, la fanfare de l'Empire ottoman pour ouvrir le grand « show » emmené par le président Erdogan, le tout afin de rappeler que l'on fêtait samedi le 562e anniversaire de la conquête de Constantinople, ancien nom d'Istanbul, par l'Empire ottoman du sultan Mehmet II (29 mai 1453). Une célébration haute en couleurs et en références symboliques, tout à fait opportune pour mobiliser les électeurs en vue du scrutin du week-end prochain.

« La conquête, c'est -si Dieu le veut- le 7 juin prochain ! », a lancé le président à la foule de ses partisans. Mais M. Erdogan a aussi des objectifs à plus long terme : « Avec l'aide de Dieu, en 2053, l'humanité assistera à une nouvelle célébration qui ouvrira les portes d'une nouvelle civilisation », imagine-t-il. En attendant, l'AKP doit tenter de conserver dans les urnes sa majorité absolue pour continuer à gouverner, ce que les sondages annoncent comme très incertain. Il semble en effet que M. Erdogan et ses amis font de moins en moins rêver les électeurs turcs.

→ À relire : Dangereuse campagne pour l’opposition pro-kurde en Turquie

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