Culture / Peinture / Italie

De Giotto à Caravage, un dialogue inédit au musée Jacquemart-André

(Détail) Caravage, Michelangelo Merisi dit (1571 - 1610) Garçon mordu par un lézard 1594 Huile sur toile 65,8 x 52,3 cm Florence, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi
(Détail) Caravage, Michelangelo Merisi dit (1571 - 1610) Garçon mordu par un lézard 1594 Huile sur toile 65,8 x 52,3 cm Florence, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi Studio Sébert Photographes
Texte par : Muriel Maalouf
3 mn

Des chefs d’œuvre de Caravage, de Giotto, un rare Masaccio, mais aussi des primitifs italiens… L’exposition « De Giotto à Caravage » au musée Jacquemart-André montre l’exceptionnel travail d’identification de l’historien de l’art Roberto Longhi à Florence dans la première moitié du 20e siècle.

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L’exposition s’ouvre avec Caravage (1571-1610), avec trois œuvres fondamentales de l’histoire de l’art : le Garçon mordu par un lézard, L’Amour endormi et Le Couronnement d’épines. Caravage, un maître que Roberto Longhi (1889-1970), collectionneur et explorateur de l’art italien, a largement contribué à faire connaître.

« Au début du 20e siècle, Caravage était à l’époque un peintre mineur, en tous cas pas un peintre de premier plan comme aujourd’hui, affirmeFederica Fruttero, responsable des expositions à Culturespaces qui a organisé l’événement au musée Jacquemart André. Déjà, on ne connaissait pas toute son œuvre. Roberto Longhi a vraiment participé à l’attribution de nombreux tableaux. Il a découvert toute une partie de sa production dans des réserves, etc. C’est aussi lui qui a su les étudier, parce que, à cette époque, il n’existe dans la critique d’art que des œuvres de peintres vénitiens, florentins, donc de la Renaissance. Longhi étant du Nord, il s’est concentré sur la peinture du Nord et c’est grâce à lui que Caravage a pu être reconsidéré à sa juste valeur. »

La méthode unique de Roberto Longhi

Quant à Mina Gregori, la commissaire de l’exposition « De Giotto à Caravage » et ancienne élève de Roberto Longhi, elle souligne qu’« il a choisi une école, des recherches du passé qui n’intéressaient pas. Car, à l’époque, on cherchait la Renaissance, le classicisme et on n’appréciait pas le réalisme. Il a été capable de faire entendre la modernité de cette tendance. »

Roberto Longhi a ainsi contribué à identifier nombre de peintures de Giotto, Masolino, Masaccio, Piero della Francesca et Caravage lui-même, autant d’œuvres qu’on peut admirer dans l’exposition. « La méthode unique de Longhi pour l’attribution des œuvres était de se plonger dans les tableaux des heures durant, avanceFederica Fruttero. Par cette imprégnation, il arrivait à reconnaitre par des détails, des bouts de doigts, des façons de dessiner des rides, etc., la main d’un peintre plutôt que d’un autre. »

Une exposition rare et un dialogue inédit qui nous offrent un panorama de peintures italiennes du 14e au 17e siècle.

► De Giotto à Caravage. Les passions de Roberto Longhi. Jusqu’au 20 juillet au musée Jacquemart-André, Paris.

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