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Bosnie-Herzégovine

Le pape François à Sarajevo sous le signe de la paix entre communautés

Après l'Albanie, il s'agit du deuxième voyage du souverain pontife dans les Balkans.
Après l'Albanie, il s'agit du deuxième voyage du souverain pontife dans les Balkans. REUTERS/Alessandro Bianchi

Le pape François est ce samedi en Bosnie-Herzégovine, où il va passer à Sarajevo une dizaine d'heures seulement. Une visite au cours de laquelle il devrait appeler à la paix dans un pays déchiré par la guerre il y a plus de vingt ans et toujours divisé.

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De notre correspondant régional,

Ce n’est pas la première fois qu’un pape se rend en Bosnie-Herzégovine. Jean-Paul II était venu à Sarajevo en 1997, peu de temps après la fin de la guerre, puis à Banja Luka en 2003, et chacun de ces voyages fut déjà l’occasion de lancer des appels au pardon et à la réconciliation. Le pape François marche donc dans les traces de son prédécesseur mais, après un voyage en Albanie en septembre dernier, son choix de se rendre à nouveau dans un pays multiconfessionnel, où les catholiques sont minoritaires, n’est bien sûr pas anodin.

Les propos du pape seront scrutés à la loupe dans un pays où les appartenances nationales se confondent avec les traditions religieuses : la population de la Bosnie se partage entre Bosniaques, de tradition musulmane, Serbes, de tradition orthodoxe, et Croates, de tradition catholique. Alors que la vie politique de la Bosnie est toujours dominée par les différents partis politiques nationalistes, l’Eglise catholique elle-même a souvent bien du mal à prendre ses distances avec le nationalisme croate.

Une communauté menacée ?

Mais cette communauté croate de Bosnie-Herzégovine est-elle vraiment, comme certains le disent, menacée de « disparition » ? Des déclarations très alarmistes ont été entendues ces derniers mois, en effet, y compris de la part de hauts dignitaires de l’Eglise. Mgr Komarica, le président de la Conférence épiscopale, a même comparé la situation des catholiques de Bosnie à celle des chrétiens d’Irak ou de Syrie. Ces propos semblent fort exagérés, même si les Croates, de tradition catholique, ne représentent plus que 12 à 13 % de la population totale du pays, contre 17,5 % avant la guerre.

Sarajevo se prépare à accueillir le pape François, le 4 juin 2015.
Sarajevo se prépare à accueillir le pape François, le 4 juin 2015. REUTERS/Dado Ruvic

En réalité, les Croates de Bosnie disposent presque tous du passeport de la Croatie voisine, membre de l’Union européenne depuis 2013. Avec ce précieux document, ils peuvent facilement émigrer, une option très tentante dans un pays où le chômage touche près de la moitié des actifs. La crise et les difficultés d’un interminable après-guerre parachèvent la séparation des populations amorcée durant le conflit, et les Croates craignent de perdre l’influence politique qui leur a été garantie par les accords de paix de Dayton, si leur poids démographique devient trop faible. Ils attendent bien sûr un renfort moral et politique de la visite du souverain pontife.

Sous haute surveillance

Une visite placée d’ailleurs sous haute surveillance, des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises. Depuis hier soir, tout le centre de la ville est bloqué par la police, les voitures ont été enlevés des rues qu’empruntera le cortège pontifical et les habitants ont même reçu la consigne de tenir leurs fenêtres fermées. Ces mesures s’expliquent par le climat tendu qui règne dans le pays. L’Etat islamique a appelé jeudi les musulmans des Balkans à s’engager dans le jihad et, ces derniers mois, le pays a connu plusieurs incidents liés à l’islam radical.

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