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Turquie

Turquie: un scrutin législatif à fort enjeu pour Erdogan

Des supportrices du parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan, le 2 juin, à Istanbul.
Des supportrices du parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan, le 2 juin, à Istanbul. REUTERS/Murad Sezer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les Turcs se rendent aux urnes ce dimanche 7 juin pour élire un nouveau Parlement dont dépendra la composition du nouveau gouvernement. L’équipe islamo-conservatrice du parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan est au pouvoir depuis 13 ans. Elle se présente aux élections législatives en favori, mais affaiblie.

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L’AKP se présente aux élections dans un contexte de ralentissement de l’économie et des critiques qui visent la dérive autoritaire de son leader historique, le président Recep Tayyip Erdogan. Celui-ci compte sur une nette victoire électorale de son parti pour instaurer un régime présidentiel autoritaire. Pour le rendre possible, l’AKP doit obtenir au moins 330 sièges au Parlement sur 550.

Au mépris de la Constitution qui insiste sur la neutralité du président, Recep Tayip Erdogan s’est directement impliqué dans la campagne électorale qui s’est donc cristallisée sur les ambitions affichées du président Erdogan. Comme l'explique Ahmet Insel, économiste et politologue turc, l'enjeu de ces élections législatives n'est pas de savoir s'il peut y avoir un gouvernement différent de l'AKP, mais si Recep Tayyip Erdogan obtiendra les deux tiers des sièges au Parlement pour pouvoir changer la Constitution et mettre en place un régime présidentiel sans contre-pouvoir. 

Mais cette volonté est loin de faire consensus. « Face à cela, il y a une réaction, une coalition implicite, y compris même dans une partie de l’électorat de l’AKP qui n’est pas du tout à l’aise avec cette idée de régime présidentiel, indique Ahmet Insel. Non pas parce qu’ils ont peur de Recep Tayip Erdogan, mais parce qu'ils savent qu’il n’est pas éternel et après lui, n’importe qui, et même un laïc, pourrait occuper cette place et retourner entièrement la situation. »

Le score du HDP, objet de toutes les attentions

Mais les islamo-conservateurs doivent affronter un nouvel acteur sur la scène politique : le mouvement HDP. Issu d’un parti pro-kurde, il est devenu une coalition hétéroclite de mouvances de gauche diverses et variées, rassemblées autour des idées de la liberté et de la démocratie. La loi électorale turque impose à un parti de réunir plus de 10 % des voix au niveau national pour entrer au Parlement. Si le HDP réussit le pari, le projet de « présidentialisation » du régime, cher à Recep Tayyip Erdogan, sera sans doute compromis.

« S’ils dépassent les 10 %, ils vont avoir environ 55 à 60 députés sur 550. Cela veut dire que 50 sièges manqueront à l’AKP. La question maintenant est de savoir si le parti HDP – qui n’est pas seulement kurde, c’est une coalition de partis de gauche et d’extrême gauche et les mouvances kurdes – va dépasser les 10 % ou non. C’est presque plus important que tous les autres résultats que l’on va avoir à ces élections », conclut Ahmet Insel.

Ahmet Insel, économiste et politologue turc qui vient de publier La nouvelle Turquie d’Erdogan Du rêve démocratique à la dérive autoritaire, aux éditions La Découverte.

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