Accéder au contenu principal
Luxembourg

Le Luxembourg se penche sur le droit de vote des étrangers

Vue de la ville de Luxembourg.
Vue de la ville de Luxembourg. Photo: Wolfgang Staudt, source: Wikipédia
Texte par : Grégoire Lory
3 mn

Les électeurs luxembourgeois sont appelés aux urnes aujourd’hui. Lors de ce référendum ils devront répondre à trois questions. Faut-il abaisser l’âge du droit de vote ? Faut-il limiter les mandats ministériels à 10 ans ? Mais surtout le Luxembourg propose d’ouvrir le droit de vote aux étrangers, un droit encadré de conditions.

Publicité

C’est la question de l'ouverture du droit de vote aux étrangers qui a surtout mobilisé et provoqué de vifs débats au Luxembourg. Le Premier ministre, le libéral Xavier Bettel, a même reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux.  Pour la coalition gouvernementale, en faveur du « oui », il s’agit d’élargir le corps électoral pour une question de légitimité.

Les étrangers représentent 46% de la population au Luxembourg. Ce qui fait dire au Premier ministre qu’il y a un déficit démocratique dans le système actuel. Dans ce débat il peut compter sur le soutien du monde économique, du secteur culturel et des mouvements de jeunesse. Pour les opposants, emmenés par les sociaux-chrétiens, ouvrir le vote aux étrangers entrainerait une dilution de l’influence des Luxembourgeois dans la société. En réponse ils préfèrent voir un assouplissement des conditions d’obtention de la nationalité luxembourgeoise.

Enjeu majeur

L’enjeu est doublement majeur car il pourrait modifier en profondeur le paysage politique du pays. Ces électeurs étrangers potentiels sont en effet plus jeunes de trois ans que la moyenne de l’électorat luxembourgeois. Mais surtout leur profil socio-professionnel est différent. Une très grande majorité d’entre eux travaille dans le privé quand un grand nombre de Luxembourgeois occupe des postes dans le secteur public.

C’est la communauté portugaise qui bénéficierait le plus de cette ouverture puisqu’elle représente un peu plus de 16% de la population. Suivent ensuite, dans des proportions plus restreintes, les Français, les Italiens, les Belges et les Allemands. Toutefois ce droit de vote ne concernerait finalement que 35 000 personnes, sur les 248 000 étrangers. En effet, selon la proposition du gouvernement pour bénéficier du droit de vote il faut vivre dans le pays depuis au moins dix ans.

Pays en pointe ?

A cela s’ajoute une autre condition. Avant de pouvoir élire des députés, ces électeurs potentiels doivent avoir participé soit aux élections communales soit aux élections européennes. Si les électeurs luxembourgeois venaient à voter « oui » à cette proposition. Le pays deviendrait alors l’un des Etats membres de l’Union européenne les plus en pointe en matière de vote des étrangers.

Les sondages ne sont cependant guère encourageants pour le camp du « oui ». Selon une enquête, 53% des personnes interrogées seraient contre le droit de vote aux étrangers. Une tendance qui se retrouve d’ailleurs pour les deux autres questions. Les électeurs s’opposeraient à l’abaissement du droit de vote de 18 à 16 ans. Les Luxembourgeois ne souhaiteraient pas non plus limiter les mandats ministériels à dix ans maximum. Le « non » pourrait donc triplement l’emporter.

C’est la quatrième fois de son histoire que le Luxembourg organise un référendum. Le premier s’est déroulé en 1919 sur le maintien de la monarchie et sur une union économique avec la France. En 1937, la question portait sur la dissolution ou non du parti communiste. Les Luxembourgeois se sont enfin exprimés par référendum pour la dernière fois en 2005 à propos du traité constitutionnel européen.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.