France / Italie

Migrants: à Vintimille, l'aide s'organise face à une situation qui dure

Depuis cinq jours, de nombreux migrants occupent les rochers entre Vintimille and Menton, à la frontière franco-italienne.
Depuis cinq jours, de nombreux migrants occupent les rochers entre Vintimille and Menton, à la frontière franco-italienne. REUTERS/Eric Gaillard
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Italie, à Vintimille, depuis cinq jours, plusieurs dizaines de migrants dorment sur les rochers en bord de mer. Ils espèrent encore que la France, qui n'est qu'à quelques mètres, leur ouvrira sa frontière. Après une évacuation partielle hier et une réunion électrique entre les ministres de l’Intérieur concernés, la nuit a été calme du côté de ceux qui rêvent de lendemains meilleurs.

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Avec notre envoyée spéciale à Vintimille, Juliette Gheerbrant

Ils sont toujours une petite centaine. Au petit matin, beaucoup dormaient encore, enveloppés dans des couvertures. Une jeune femme se brossait les dents, accroupie dans les rochers. Et cette nuit, par peur d’une intervention de la police comme hier, personne n’a dormi sur le trottoir. Tous sont restés sur ces rochers escarpés et inconfortables où on ne peut pas venir les chercher. Ils continuent à scander : « Nous ne repartirons pas. Nous devons passer. Où est l’Union européenne ? Où sont les droits de l’homme ? »

Une association a installé un grand auvent de toile pour qu’une partie au moins puisse se mettre à l’abri. Et la Croix-Rouge est là qui distribue à manger. L’organisation est pratiquement la seule à s’occuper d’eux avec la générosité des habitants, précise Alain Bianchi de la Croix-Rouge de Menton : « C’est extraordinaire, on est fourni en permanence. On n’a rien à acheter. Tout a été fourni par les gens. » Certains habitants viennent même participer directement à l'aide comme Ben, un jeune Anglais, et sa femme qui sont arrivés à 6 heures du matin avec du café et des biscuits.

Hier soir, la Croix-Rouge a procédé à un renforcement de ses équipes. Désormais il y aura des volontaires 24 heures sur 24, d’autant que c’est le début du ramadan et 80 % de ces migrants sont musulmans. La responsable de la Croix-Rouge expliquait qu’ils avaient déjà prévu d’apporter des dattes.

Les migrants ont passé une nouvelle nuit sur les rochers.
Les migrants ont passé une nouvelle nuit sur les rochers. REUTERS/Eric Gaillard

« Il n’y a rien de changé »

Mohamed, 28 ans, dit qu’il a fui le Soudan : « J’ai essayé trois fois pour aller en France, mais on me renvoyait quand même. J’ai fait quatre jours ici. Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas de résultat. Il n’y a rien de changé. Il y a à manger, à boire, on ne manque pas de quelque chose mais nous voulons seulement partir. »

Un médecin volontaire est aussi venu hier soir et il a pu voir 28 personnes. Une présence médicale permanente va également être mise en place. Ces volontaires - ils sont une cinquantaine -, mobilisés en permanence, ont pris sur leurs jours de vacances pour être là.

Sandra Vito, 58 ans, habite la région. Elle prend tous les jours le train pour aller travailler à Monaco et elle ne comprend pas l'attitude de la France. « Il y a beaucoup plus de compréhension en Italie qu'en France, estime-t-elle. En France, c'est la fermeture totale [de la frontière]. J'ai vu des personnes d'origine sub-saharienne qui prennent le train avec ddes billets, payés, et en montant, ils sont stoppés par la gendarmerie. Les gendarmes sont par équipe de quatre, cinq, montent et regardent partout, dans les toilettes aussi, et si quelqu'un ressemble à un Africain, il lui demande ses papiers, son permis de travail. Ils le font descendre et le renvoient à Vintimille. »

Mais du côté des autorités, en revanche, rien de nouveau. La réunion entre les ministres de l’Intérieur des Vingt-Huit n’a accouché d’aucune solution pour ces migrants.

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