Grèce / Eurogroupe

La BCE accorde deux jours de répit à la Grèce

Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, lors d'une intervention devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen à Bruxelles.
Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, lors d'une intervention devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen à Bruxelles. REUTERS/Francois Lenoir

L'assistance aux liquidités de la Banque centrale européenne (BCE) sera maintenue, sur décision du conseil des gouverneurs ce dimanche. Cette assistance n'a cessé d'être reconduite, et régulièrement augmentée, ces dernières semaines par la BCE pour atteindre un peu plus de 89 milliards d'euros, vendredi 26 juin. Le gouvernement grec, de son côté, envisage de mettre en place des contrôles de capitaux à partir de lundi.

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Avec notre correspondant à Bruxelles,  Pierre Benazet

Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne semble - pour l'instant - avoir décidé de tout faire pour garantir la stabilité financière de la Grèce.

Pour l'instant, faut-il souligner, puisque dans son bref communiqué, la BCE affirme qu'elle est « prête à reconsidérer » sa décision à tout moment. Selon certains, à Bruxelles, cela pourrait signifier que le conseil des gouverneurs espère peut-être du gouvernement grec qu'il impose des mesures de contrôle des capitaux ou de fermeture des guichets pour éviter une panique bancaire.

Pour le moment, en tout cas, les banques grecques sont sauvées de l'asphyxie. Après des retraits massifs dans les mois et les semaines passées, elles ne peuvent plus compter que sur les approvisionnements de la BCE pour faire face à leurs besoins.

C'est en l'occurrence un programme baptisé « ELA », pour « assistance de liquidités d'urgence », qui a été prolongé. Ce programme ELA, sorte de facilité d'emprunt, n'est censé pouvoir bénéficier normalement qu'à des banques solvables et à des pays soumis à un programme de réformes, comme récemment à Chypre.

Contrairement à certaines prévisions, l'institut de Francfort n'a donc pas jugé que la mort du programme d'ajustement décrétée par l'Eurogroupe l'obligeait à interrompre son soutien à la Grèce.


■ Deux jours pour trouver une solution

C'est une bouffée d'air qu'accorde la Banque centrale européenne à Athènes pour les prochaines 48 heures en continuant de fournir en liquidités les banques grecques au niveau actuel, pour un plafond de prêts avoisinant les 90 milliards d'euros.

Depuis février, la Grèce est en effet sous perfusion de la BCE, qui lui accorde uniquement des prêts d'urgence permettant de régler des problèmes ponctuels de liquidités. Mais les conditions d'attribution de ces prêts ne seront bientôt plus remplies : un programme d'aide à la Grèce expirant mardi à minuit. La BCE et la Banque de Grèce ont donc deux jours pour trouver une solution afin de maintenir la stabilité financière de l'Etat grec. La Banque de Grèce qui, par la voix de son gouverneur, a promis de tout faire pour soutenir les citoyens grecs et « en tant que membre de l'Eurosystème, va prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité financière des citoyens grecs dans ces circonstances difficilesdans ces circonstances difficiles ».

Le gouvernement grec a par ailleurs annoncé dimanche la possibilité de la mise en place de contrôle des capitaux dans le pays, et envisage notamment la fermeture des banques, ce lundi 29 juin.

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