Allemagne/Grèce

Quand la presse allemande se lâche au sujet de la Grèce

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 27 juin 2015. Le quotidien allemand Die Welt estime que M. Tsipras voulait dès le départ la sortie de son pays de la zone euro.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 27 juin 2015. Le quotidien allemand Die Welt estime que M. Tsipras voulait dès le départ la sortie de son pays de la zone euro. REUTERS/Alkis Konstantinidis

La presse allemande a réagi vivement aux dernières évolutions de la situation en Grèce, et notamment à la décision d'Alexis Tsipras de recourir au référendum pour accepter ou refuser les propositions des créanciers. « Tsipras le tricheur » ou « La Grèce rackette l'Europe », tels sont les titres de la presse allemande ce lundi 29 juin à la veille d'un possible dépôt de bilan grec, mardi soir à minuit. Mais la classe politique n'est pas en reste. Angela Merkel, qui joue gros dans cette crise, devait prendre la parole à Berlin lors d'une réunion des parlementaires allemands.

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Avec notre correspondant à BerlinPascal Thibaut

Quasiment toute la presse s’en prend au gouvernement grec. Le quotidien de droite Die Welt estime qu'Alexis Tsipras souhaitait dès le départ la sortie de son pays de la zone euro et n’aurait négocié que pour ménager ses concitoyens attachés à la monnaie unique. Le journal de centre gauche Frankfurter Rundschau estime que « ce gouvernement n'a jamais voulu régler les problèmes avec les autres pays européens mais contre eux ». Dans son commentaire, dimanche 28 juin, la première chaîne de télévision publique ARD parlait de parieurs et de crapules qui croyaient pouvoir faire chanter le reste de l’Europe.

Hormis les médias, le monde politique - sauf la gauche radicale - est tout aussi critique. Le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a jugé que M. Tsipras prenait les Grecs en otage. Des mots inhabituels dans la bouche d’un diplomate. Le vice-chancelier et président du Parti social-démocrate Sigmar Gabriel a une position de plus en plus ferme. Il a annulé au dernier moment un déplacement en Israël. Angela Merkel, que l’on n’a pas entendu en public depuis la fin du sommet européen vendredi 26 juin, devait prendre la parole en fin de matinée lors d’une cérémonie marquant le 70e anniversaire de son parti, l’Union chrétienne-démocrate.

L’héritière de Konrad Adenauer, qui avait ramené l’Allemagne d’après-guerre dans le giron européen, mais aussi d’Helmut Kohl, l'un des pères de l’euro, joue ces jours-ci son entrée dans les livres d’histoire. La responsable de la première puissance européenne aura-t-elle échoué au bout du compte à maîtriser la crise de la zone euro ? Sera-t-elle directement ou indirectement responsable d’une première historique, la sortie d’un pays de cette même zone ? Angela Merkel veut à tout prix éviter cette issue. Mais elle doit aussi composer avec une opinion publique rêtive et des députés conservateurs de plus en plus remontés contre Athènes.


Yanis Varoufakis s'exprime dans la presse allemande

Dans un entretien au quotidien Bild, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a estimé qu’il appartenait désormais aux institutions (UE, FMI et BCE) « de montrer leur bonne volonté ». « Nous restons ouverts à de nouvelles propositions des institutions », a-t-il insisté. « En ce qui nous concerne, nous sommes toujours prêts à négocier durant le laps de temps où les gens réfléchissent à la décision qu'ils prendront », évoquant ainsi le référendum du dimanche 5 juillet. Les propositions de réformes présentées par la Grèce « sont justes », selon M. Varoufakis. « Elles contiennent d'importantes concessions » selon lui, et s'inscrivent dans une volonté de sortir la Grèce de la crise « sans de nouvelles aides financières à l'Etat grec ».

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