Grèce

Le système financier grec sous protection

Un retraité attend devant la Banque nationale de Grèce dans l'espoir de toucher sa pension.
Un retraité attend devant la Banque nationale de Grèce dans l'espoir de toucher sa pension. REUTERS/Alexandros Avramidis
Texte par : Francine Quentin
3 mn

Le gouvernement grec a adopté dimanche 28 juin des mesures de contrôle des capitaux afin d’éviter la faillite des banques grecques. Le système bancaire est sous pression extrême dans la perspective d’un défaut de paiement et des conséquences possibles du référendum du 5 juillet décidé par Alexis Tsipras.

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Eviter les retraits massifs de capitaux qui mettraient en danger les banques grecques et les entraîneraient vers la faillite est la préoccupation immédiate du gouvernement. Le Conseil des ministres a donc décidé que les guichets des banques resteront obligatoirement fermés jusqu’au 7 juillet, y compris les filiales en Grèce des banques étrangères.

Les Grecs, qui se sont rués tout le week-end sur les distributeurs automatiques, ne pourront plus retirer que 60 euros par jour et les virements vers l’étranger sont interdits. Toutefois afin de préserver le tourisme, un secteur essentiel à l’économie hellénique, les détenteurs de cartes de crédit étrangères ne sont pas concernés par ces restrictions.

Le Premier ministre Alexis Tsipras a tenu à rassurer ses concitoyens sur le fait que leurs dépôts dans les banques grecques demeurent garantis, et que les salaires et retraites seront bien versés. L’interdiction de transférer de l’argent à l’étranger constitue cependant un obstacle aux importations : un comité spécial est donc chargé d’autoriser les transactions qui auraient un but social comme l’importation de produits pharmaceutiques.

Extrême urgence

Le gouvernement a justifié ces mesures exceptionnelles par le « caractère d’extrême urgence » et « la nécessité imprévue » de protéger le système financier du manque de liquidités. La Banque centrale européenne, en effet, tout en maintenant son apport de liquidités d’urgence aux banques grecques afin de permettre leur fonctionnement normal, n’a pas pour autant relevé leur montant depuis plusieurs jours. Et la BCE ne décidera pas avant mercredi, date de la prochaine réunion des gouverneurs, d’un éventuel relèvement du plafond de ces aides d’urgence.

La Commission européenne approuve la mise en place d’un contrôle des capitaux en Grèce et estime que « dans les circonstances actuelles, la stabilité du système financier bancaire en Grèce est primordial », et constitue « le défi principal et immédiat du pays ». Mais la Commission de Bruxelles souhaite également que, la crise passée, la liberté de mouvement des capitaux soit rétablie dans l’intérêt de l’économie grecque, de la zone euro et du marché unique européen dans son ensemble.

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