Grèce

Grèce: retour sur sept ans de crise économique

En 2009, le Premier ministre grec Georges Papandréou révèle que les chiffres du déficit de son pays ont été faussés. C'est alors le début d'une crise qui dure toujours.
En 2009, le Premier ministre grec Georges Papandréou révèle que les chiffres du déficit de son pays ont été faussés. C'est alors le début d'une crise qui dure toujours. REUTERS/Thierry Roge
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La situation économique est critique en Grèce : banques fermées, cotations suspendues, retraits d'argent limités, contrôle des capitaux. Et cela jusqu'à dimanche, jour du référendum. Les Grecs vont devoir dire si oui ou non, ils acceptent les conditions imposées par leurs créanciers contre de l'argent frais. La Grèce est au bord du divorce avec les institutions. Retour sur les sept années de crise économique qui ont mené le pays au bord du gouffre.

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La Grèce est entrée dans la zone euro sur un « malentendu ». Certains diront que ses comptes étaient volontairement maquillés. C'est le Premier ministre Georges Papandréou qui, en prenant ses nouvelles fonctions en 2009, découvre le subterfuge.

Avant lui, la droite au pouvoir durant cinq ans a masqué un déficit abyssal de 12,7 % de son PIB, très loin des 3 % réglementaires. Dans l'urgence, George Papandréou décide de mettre en place un train de mesures pour assainir les finances. Mais en vain, et c'est le début de l'engrenage.

En mars 2010, un deuxième plan d'austérité est décidé, suivi en mai de la même année par un premier plan d'aide international de 110 milliards d'euros. L'année suivante, deux nouveaux plans d'austérité sont décrétés, une partie de la dette grecque est effacée. Et Georges Papandréou démissionne.

Deux ans après, en 2012, il n’y a toujours pas d'amélioration, malgré deux autres plans d'austérité, un deuxième plan d'aide de 237 milliards d'euros et un allègement de la dette de 40 milliards. En 2013, le huitième plan d'austérité ne change rien.

Excédés, les Grecs portent au pouvoir Syriza et son leader Alexis Tsipras, lors des législatives anticipées du 25 janvier, après une campagne menée sur un ton résolument anti-bruxellois.

Triomphant, le nouveau Premier ministre lance à ses partisans venus fêter la victoire que la Grèce laisse désormais derrière elle tous les maux attribués à l’ancien gouvernement et à l’Europe, évoquant « une austérité catastrophique, la peur, l’autoritarisme, l’humiliation et l’angoisse ».

Il vise notamment l’Allemagne. Dans sa réthorique, la Grèce se met alors en effet à donner l’impression qu'elle veut prendre une revanche sur la Seconde Guerre mondiale face aux exigences de Bruxelles et de Berlin.

Après plusieurs périodes d’essai, entre espoir et déceptions, les parties négocient, fin juin, un accord dit « réformes contre argent frais ». Mais les négociations sur les détails bloquent. Les Européens qualifient leur offre de « généreuse ».

Le 26 juin, après de longs mois de négociations avec les créanciers, Alexis Tsipras prend finalement une décision politique : il annonce un référendum sur les propositions européennes et se place du côté du « non ».

Pour l’Europe, c’est une rupture. Et on commence à parler sérieusement d’une sortie de la Grèce de la zone euro.

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