Accéder au contenu principal
Grèce / UE

Grèce: une baisse de la fréquentation touristique annoncée

Un couple se tient assis sur un sommet surplombant Athènes.
Un couple se tient assis sur un sommet surplombant Athènes. REUTERS/Cathal McNaughton
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Plus le temps passe et plus la situation se dégrade dans le secteur du tourisme grec. L'absence de solution pour mettre un terme à la crise de la dette n'avait pas vraiment d'impact jusqu'à la semaine dernière. Mais depuis quelques jours, les choses ont bien changé. Les mises en garde des gouvernements européens, qui appellent leurs ressortissants à partir avec beaucoup de liquidités, n'arrangent pas les choses.

Publicité

Avec notre envoyé spécial à Athènes,  Romain Lemaresquier

Le tourisme représente une rentrée d'argent très importante pour la Grèce. Il y a une semaine, le secteur ne semblait pas encore pâtir de la situation dans laquelle se trouve la Grèce. Mais depuis la tenue du référendum et surtout l'absence de propositions concrètes de la part des autorités grecques, la situation a bien changé. Si la situation perdure, la saison touristique pourrait se transformer en véritable cauchemar.

Annulations, baisse des réservations représentent désormais le quotidien des restaurateurs et des propriétaires d'hôtels. C'est ce qu'explique Malvina, réceptionniste dans un hôtel du centre-ville : « Normalement, la plupart des hôtels, surtout dans ce périmètre, c'est-à-dire dans le centre d'Athènes, sont pleins. Mais en ce moment, la situation est plus difficile. Par exemple ici, nous avons 34 chambres et là, il n'y en a que 14 d'occupées, ce qui montre que le rythme a vraiment baissé. »

« Normalement, ajoute-t-elle, on devrait être plein ! Nous avons sept à huit annulations par jour, mais ce qui complique encore plus les choses, c'est que normalement nous recevons entre 20 et 23 demandes de réservation par jour, comme c'était encore le cas il y a quelques jours, alors que maintenant j'en reçois une... deux... ou aucune. »

La semaine dernière, l'hôtel en question était plein. Depuis, moins de 50 % des chambres sont occupées. Une catastrophe pour l'économie du pays. Car les mois de juillet et d'août représentent généralement le plus gros chiffre d'affaires dans le secteur du tourisme. Désormais, ceux qui travaillent dans ce secteur n'attendent qu'une chose, qu'Athènes trouve un compromis avec ses créanciers avant que la situation ne devienne insurmontable.


■ Le tourisme, « une activité majeure, fondamentale, déterminante »

En pleine saison estivale, le tourisme, secteur vital pour l’économie grecque, est touché de plein fouet. Les réservations de dernière minute baissent d’un tiers depuis l’annonce du référendum, s’alarme Alexander Lamnidis, directeur de la confédération du tourisme grec.

Après 2014, année record, les professionnels du tourisme sont inquiets. C'est le cas de Didier Arino, directeur de Protourisme, un cabinet français d'études et de conseil dans le secteur du tourisme, qui livre son analyse de la situation sur RFI :

« Pour l’instant, le tourisme en Grèce est en danger, principalement du fait de la chute considérable de la fréquentation des Grecs, qui partent beaucoup moins en vacances, et notamment toutes les stations balnéaires qui étaient fréquentées par la clientèle grecque. Celles-là sont dans des difficultés absolument considérables.

En revanche, pour le reste de la destination, et notamment les îles essentiellement fréquentées par une clientèle européenne, pour l’instant, la fréquentation est encore tout à fait correcte, même si elle est un peu en deçà de ce que l’on pouvait espérer.

Ce qu’il faut savoir, c’est que pour la Grèce, le tourisme est une activité majeure, fondamentale, déterminante, et que faute d’un développement de cette activité, c’est à la fois un manque de devises pour le pays, mais aussi un des derniers pans de l’économie grecque qui continuait à s’en sortir, qui risque d’être touché, impacté, de façon importante. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.