Grèce

Entre crainte et espoir, les Grecs en appellent à l'Europe

Un manifestant grec sur la place de la Constitution à Athènes, le 9 juillet 2015.
Un manifestant grec sur la place de la Constitution à Athènes, le 9 juillet 2015. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Comme prévu, le gouvernement d'Alexis Tsipras a remis à ses créanciers, ce jeudi 8 juillet au soir, des propositions concrètes de réformes pour obtenir en échange une nouvelle aide financière. A Athènes, plusieurs milliers de partisans du « oui », déçus par le référendum de dimanche, se sont rassemblés place de la Constitution. Ils demandaient à leur Premier ministre et aux partenaires européens de tout faire pour que la Grèce reste dans la zone euro.

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La Grèce, encouragée par une apparente ouverture des Européens sur la question de la dette, a finalisé jeudi soir un nouveau programme de réformes qu'elle a remis en date et heure au président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. Le porte-parole de ce dernier a fait savoir sur Twitter qu'il serait étudié. Par ces nouvelles propositions, Athènes espère convaincre ses partenaires européens de reprendre leur aide et de maintenir le pays dans la zone euro.

Après une escalade de propos alarmistes en début de semaine, Athènes a récolté des signes encourageants, dont un appel du président du Conseil européen, Donald Tusk, en faveur de propositions « réalistes » des créanciers sur l'épineuse question de la dette grecque, cruciale pour le gouvernement Tsipras. Ce dernier doit faire parvenir aux créanciers du pays (UE, BCE, FMI) avant jeudi minuit (22 heures TU) de nouvelles propositions de réformes.

Alors, ce jeudi soir, le message des quelques milliers de Grecs rassemblés sur la place de la Constitution est d'abord adressé au gouvernement d'Alexis Tsipras. Ils espèrent, rapporte la correspondante de RFI sur place, Charlotte Stiévenard, qu'il adaptera ses propositions pour s'assurer d'un accord dimanche. Leur crainte : une faillite du pays si la Grèce se coupait de l'aide financière de ses créanciers. Mais cette fois-ci, les manifestants s'adressent aussi aux partenaires européens. Ils leur demandent de ne pas les laisser tomber et pourquoi pas, de faire un geste sur la dette. Elle est pour eux insoutenable, et représente un frein à la reprise économique. Surtout, cette concession faciliterait un accord, car c'est aussi une requête du Premier ministre grec Alexis Tsipras.

« On ne peut éviter les exigences de l'Allemagne »

Dans la classe politique, certaines figures de l'opposition commencent à douter de la sincérité du Premier ministre Alexis Tsipras quant à l'obtention d'un accord. C'est le cas de Makis Voridis, député Nouvelle Démocratie : « Ce gouvernement a maintenant six mois, et c'est une discussion qui continue, qui se ferme, qui s'ouvre... Cela a créé, je crois, une ambiance très, très difficile pour la Grèce au sein de l'Union européenne. Notre parti, depuis le début de cette histoire, a une position très claire et concrète : nous voulons un accord avec l'Europe. C'est la position du gouvernement qui n'est pas claire. »

Mais du côté de la coalition au pouvoir et de Syriza, le parti du Premier ministre Alexis Tsipras, la confiance prédomine malgré les épreuves. « Je pense qu'on va vers une solution qui sera viable », estime le vice-ministre grec de la Culture, Nikos Xydakis.
« Il y aura des solutions, des réformes très dures, car on ne peut éviter les exigences imposées par l'Allemagne », reconnaît-il, espérant par ailleurs « un accord définitif pour une régulation de la dette grecque ». Il prévient en outre du « danger en ce moment en Europe : l'équilibre, la balance géopolitique ». « Mais si on avance dans la bonne direction, c'est grâce à ce qu'il s'est passé ces dernières 24 heures, c'est-à-dire l'intervention des États-Unis, ainsi que la position de la France. »

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