Grèce

Inquiétude en Grèce après les propositions d'Alexis Tsipras

Le Premier ministre grec en session parlementaire avec son parti Syriza le 10 juillet 2015, au lendemain d'une série de mesures proposées aux créanciers d'Athènes.
Le Premier ministre grec en session parlementaire avec son parti Syriza le 10 juillet 2015, au lendemain d'une série de mesures proposées aux créanciers d'Athènes. REUTERS/Jean-Paul Pelissier
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le gouvernement demande un plan d'aide à long terme, trois ans de plus, et un ajustement de sa dette, selon des sources gouvernementales. Il a soumis ses propositions de réformes aux créanciers du pays jeudi 9 juillet dans la nuit. Dès ce vendredi, ce sont les députés grecs qui devront se pencher sur le texte, avant son évaluation par les ministres des Finances de la zone euro samedi.

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Article mis à jour ce vendredi 10 juillet à 15h française, 13h TU.

Consulter notre article détaillant les propositions d'Athènes en cliquant ici, et la lettre envoyée par le gouvernement à ses créanciers (en grec et en anglais) en cliquant là.

Maintenant que les dernières propositions de réformes ont été envoyées à ses créanciers, que va-t-il se passer en Grèce en attendant une décision de l'Eurogroupe samedi et une autre des chefs d'Etat européens dimanche ? Car si un accord devait être signé entre la Grèce et ses créanciers, cet accord devra ensuite être validé par le Parlement grec, une option envisageable pour la semaine prochaine.

Si un accord devait se faire, il devra d'abord être présenté puis validé par le Parlement. Une partie des députés de Syriza   le parti du Premier ministre qui dispose de 149 des 300 sièges au Parlement grec   pourrait s'y opposer, car le contenu des propositions ressemble à s'y méprendre à des mesures d'austérité, tout l'inverse du programme d'Alexis Tsipras. Jeudi 9 juillet, avant que ces propositions ne soient envoyées à Bruxelles, on sentait d'ailleurs une certaine tension au Parlement dans les rangs du parti au pouvoir. De nombreux membres du comité exécutif de Syriza étaient d'ailleurs présents au sein même du Parlement, un fait rare selon des députés de l'opposition.

Cinq membres de Syriza interrogés par l'agence Reuters vont même jusqu'à préférer une sortie de la zone euro et un retour à la drachme préférables à un accord avec les créanciers internationaux impliquant une nouvelle cure d'austérité sans perspective de réduction de la dette. « A cette heure, le gouvernement peut et doit répondre au chantage des institutions en leur proposant le choix suivant : soit un programme sans nouvelle cure d'austérité avec un financement et une réduction de la dette, soit une sortie de la zone euro et la suspension des paiements de la dette injuste et non viable », déclarent-ils dans un communiqué conjoint ce vendredi midi.

Les députés grecs dans l'expectative

Mais en cas de vote, et même si Alexis Tsipras risque de faire face à la fronde d'un certain nombre des députés de son parti, il pourra compter sur le vote de l'opposition de droite, centriste ou de gauche. Tous, mis à part le Parti communiste, ont promis de voter en sa faveur, quelles que soient les solutions adoptées. Anna-Michelle Assimakopoulou, députée du parti Nouvelle Démocratie, le principal parti d'opposition, estime qu’il peut y avoir une majorité sur ce vote. « Il faut le signer et ensuite, il faut le présenter au Parlement pour en discuter. Il faudra une majorité, pas forcément absolue, mais une majorité. On va voir ce que le parti de Monsieur Tsipras va faire, ce que Syriza va faire et l'autre parti aussi. Mais il peut y avoir une majorité, ça c'est sûr. »

Au centre, on soutient aussi les nouvelles réformes proposées par Syriza. « Nous allons autoriser le Premier ministre à proposer un accord », a déclaré ce vendredi midi Dimitris Tsiodras, le porte-parole du parti To Potami   qui compte 17 députés sur 300 au Parlement grec    après une réunion de son groupe parlementaire. Les mesures présentées doivent permettre un retour à la normale, même si le système en place doit être profondément modifié, estime Christina Takiaou, députée du parti centriste To Potami. « Pour l'instant, il faut prendre des mesures pour mettre fin à cette situation. Mais tout le monde en Grèce sait très bien que nous devons faire des réformes pour changer notre système. Le système social n'est pas viable. Nous savons que nous devons faire ces réformes. »

Désormais, avant qu'un accord ne soit présenté au Parlement, il va falloir attendre un éventuel feu vert de l'Eurogroupe et des chefs d'Etat européens. Ce n'est qu'ensuite que les députés grecs pourront se prononcer sur cette solution pour enfin sortir la Grèce de cette crise.

Inquiétudes

Au lendemain du dépôt d'une série de propositions par le gouvernement grec à ses créanciers européens, la presse hellène s'inquiète d'une nouvelle phase d'austérité à venir, rapporte notre correspondante à Athènes, Charlotte Stiévenard. Pour le journal conservateur I Kathimerini, ce sont des mesures douloureuses. Elles auraient peu de différences avec les dernières propositions de réformes présentées par Jean-Claude Juncker le 25 juin et modifiées deux jours plus tard. C'est aussi ce que lui reproche Thepressproject, un journal grec en ligne plus à gauche et qui publie également ses informations en anglais.

Proche de Syriza, le journal Avgi parle quant à lui de jours de crise. Il liste aussi les réformes, mais souligne surtout que le gouvernement demandera également un allègement de la dette. Un point qui n'est pas présent dans le texte, mais qui devrait être discuté avec les créanciers à part, car il concerne aussi le Fonds monétaire international. Le texte envoyé par M. Tsipras aux créanciers devrait quoi qu'il en soit plaire aux manifestants du « oui », qui se sont encore réunis jeudi soir.

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