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Turquie / Kurdes

Turquie: l'amertume de Selahettin Demirtas, leader du parti kurde HDP

Selahettin Demirtas, du parti kurde HDP pendant la campagne pour les législatives de juin 2015 auxquelles son parti avait obtenu un bon score.
Selahettin Demirtas, du parti kurde HDP pendant la campagne pour les législatives de juin 2015 auxquelles son parti avait obtenu un bon score. REUTERS/Murad Sezer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les jihadistes de l’EI mais aussi les forces kurdes sont la cible des attaques de l'armée turque depuis 5 jours maintenant. Ankara est passée à l'action contre le PKK sur son propre territoire. Hier, des avions turcs ont bombardé des combattants du PKK dans la province de Sirnak, dans le sud-est du pays. Le président Erdogan a aussi annoncé que le processus de paix avec les Kurdes était suspendu. Devant son groupe parlementaire, le chef du HDP, le parti kurde, a lui expliqué que ce processus était de toute façon bloqué depuis deux ans.

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avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

C’était peut-être sa dernière intervention au Parlement, puisque le parti dont il est président, le Parti démocratique des peuples (HDP) est menacé d’interdiction par la Justice : Selahettin Demirtas est revenu mardi devant les 80 députés qu’il a envoyés au Parlement, lors du scrutin législatif du 7 juin dernier, sur les raisons de l’échec des négociations de paix entre Ankara et la rébellion du PKK – que le président Erdogan a jugées hier « impossible à rouvrir ». Une intervention censurée par l’ensemble des télévisions d’information qui habituellement retransmettent en direct ce genre de prestations.

Öcalan maintenu à l'isolement

« Il ne restait qu’un petit pas à faire pour arriver à un accord de paix », a dévoilé, non sans émotion, Selahettin Demirtas, revenant sur ces deux ans de négociations qui avaient capoté brutalement fin avril sur un coup de tête du président Erdogan : il avait déclaré qu’il n’y avait plus de négociations ni même de table de négociations. Pour le chef du HDP, c’est le président lui-même qui a bloqué le processus au moment où le leader historique du PKK, Abdullah Öcalan, allait lancer un appel direct au PKK pour qu’il s’engage dans le désarmement. Depuis, d’ailleurs, et cela fait exactement trois mois aujourd’hui, Abdullah Öcalan reste maintenu à l’isolement et n’a plus pu recevoir aucune visite, pas même de ses avocats.

Autre accusation et regret de M. Demirtas : les négociations n’avançaient plus parce que la partie turque refusait de donner des garanties pour le retrait des combattants armés du territoire ; or lors du précédent retrait en 1999, suite à un premier dépôt des armes, des centaines de combattants avaient été tués dans le dos par l’armée.

Enfin Ankara refusait également de stopper la construction des centaines de fortins militaires qui poussent actuellement comme des champignons dans le sud-est. Selahettin Demirtas qui est aussi revenu sur la disgrâce qui s’abat sur son parti, menacé d’interdiction : « Notre seul délit, c’est d’avoir fait 13% aux dernières élections », a-t-il lâché, amer.

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