Espagne

Espagne: dernier tour de piste pour la corrida ?

Un toréador lors de la dernière corrida des Fêtes de San Fermín, le 14 juillet 2015.
Un toréador lors de la dernière corrida des Fêtes de San Fermín, le 14 juillet 2015. REUTERS/Susana Vera
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les municipales de mai dernier, qui ont vu la percée de listes citoyennes de la gauche alternative, notamment dans les grandes villes (Barcelone, Madrid, Saragosse…) ont d’ores et déjà des lourdes conséquences sur la tauromachie. Détestée par la plupart de ces mouvements, la tauromachie est dans leur viseur.

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avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

La tauromachie est menacée depuis des années déjà. L’archipel des Canaries a interdit la corrida dès 2001 et la Catalogne, pour des raisons « anti-espagnolistes », l’a fait en 2010. Mais, avec la percée de listes citoyennes très sensibles aux problèmes sociaux, mais aussi aux droits des animaux, cette menace se précise très fortement. Par exemple, la région de Valence cessera de subventionner les corridas ce qui revient à signer l’arrêt de mort de cette activité si emblématique dans les mois ou les années à venir. En effet, la corrida peut difficilement survivre à l’arrêt des aides publiques.

De manière générale, si on passe en revue l’ensemble les initiatives anti-taurines, c’est à donner le tournis. La ville de Palma de Majorque, par exemple, s’est déclarée « anti-taurine », donc favorable à l’arrêt des combats dans ses arènes. A La Corogne, en Galice, les fêtes taurines ont été annulées. A Alicante, la prohibition interviendra à partir de 2017. Dans des dizaines de bourgades, des referendums locaux vont être organisés qui pourraient se traduire par l’interdiction non seulement de corridas, mais aussi de courses de vachettes et autres festivités où la vache ou le taureau entrent en scène. Par exemple, les correbous, où on met le feu aux cornes du taureau.

Ces initiatives sont d'autant plus susceptibles d'avoir une portée conséquente que les corridas sont de moins en prisées : le nombre de corridas a baissé, les retransmissions à la télévision aussi, le nombre de spectateurs de même. C’est un secteur désormais en crise alors que depuis la dictature militaire de Franco, il avait toujours bénéficié de l’aide de l’Etat. Cette aide est remise en question, y compris à Madrid, La Mecque de la corrida, où la nouvelle maire Manuela Carmena, soutenue par Podemos, souhaite stopper les subventions.

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