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Macédoine/Serbie/Bulgarie

Les Balkans, le long chemin des migrants vers l'Europe occidentale

Des migrants attendent un train dans la gare macédonienne de Gevgelija, le 15 août 2015.
Des migrants attendent un train dans la gare macédonienne de Gevgelija, le 15 août 2015. REUTERS/Stoyan Nenov
Texte par : RFI Suivre
10 mn

La Macédoine ne bloque plus le passage des migrants. Depuis cette semaine, ils peuvent à nouveau entrer dans le pays. Une décision qui permet de détendre l'atmosphère, alors que la police macédonienne avait fait usage de gaz lacrymogènes contre plusieurs milliers de migrants la semaine dernière. La situation est désormais beaucoup plus calme le long de la voie ferrée par laquelle ils passent, direction l'Europe occidentale en passant par la Serbie.

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Pour les migrants, c'est une première étape sur la « route des Balkans de l'Ouest » vers la Hongrie, premier pays de l'espace Schengen après la Grèce. Selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés, le HCR, 3 000 personnes devraient entrer chaque jour sur le territoire macédonien ces prochains mois, en provenance de Grèce.

L'afflux est déjà visible côté grec, sous la forme d’une longue file d’attente à la frontière, qui ne désemplie pas pendant la journée, et où des groupes continuent de s'agglutiner la nuit, venant en bus ou en taxi. Ils attendent ensuite assis sur les rails du train qui va dans la ville de Gevgelija, la première après la frontière. Certains passent toute la journée au soleil mais la situation est globalement plutôt calme. Plusieurs fois par jour, ils doivent en revanche se lever pour laisser passer le train.

A la frontière macédonienne, notre reportage

Le but : aller plus au Nord

Ce mardi 25 août, George est arrivé vers midi. Ce Syrien est rassuré par le calme qui règne, même si l'attente au soleil paraît longue : « Ça n'a pas l'air si tendu, en comparaison de ce qu'on a vu à la télévision il y a quelques jours, mais c'est très lent. Mon seul souci, c'est que l'on passe la nuit ici, ce qui ne serait pas ma première nuit dans la nature, mais ça va être très difficile quand même. »

Depuis mars, Médecins sans frontière apporte son aide aux migrants sur place. Stathis Kyroussis est chef de mission pour cette ONG. Pour lui, bloquer la frontière n'apporte que des problèmes. « Si on dit, comme on a dit il y a trois jours, que ces gens ne doivent pas passer, on a des drames, on a des gens blessés, on a des gens malades, on a des gens transportés à l'hôpital, on a des gens qui mettent en péril leur propre vie pour une décision politique. Voilà, les nombres sont les mêmes et tout se passe bien », constate le responsable de MSF.

Ce jour là, Stathis Kyroussis a décompté environ 1 500 personnes, passées par groupes de 50, sous l'œil de l'armée et de la police. Cette dernière a installé quelques bâches et des sanitaires. Une fois la frontière de l'autre côté, ils sont enregistrés par la police macédonienne, à l’écart du centre de Gevgelija. Il s’agit d’éviter les images des migrants montant dans le train dans le chaos, ce qu’on a pu voir ces derniers jours. Ensuite, ces derniers poursuivent leur voyage en Serbie, direction l'Europe du Nord.

L'étape serbe à Belgrade

Plus loin sur la route des migrants, deux parcs du centre-ville de Belgrade sont devenus un important point de passage. Dans le centre de la capitale de Serbie, entre les gares routière et ferroviaires, ces deux parcs publics se sont transformés en camp de transit improvisé pour les migrants en provenance de Syrie et d’autres zones de crise. Sur les pelouses du parc de la faculté d'économie de Belgrade, proche des infrastructures de transport de la ville, un bon millier de personnes se repose, raconte notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy.

Derrière eux, ils ont déjà connu un éprouvant voyage, qui les a fait passer par la Turquie, la Grèce et la Macédoine. A Belgrade, une centaine de tentes de camping leur sert d’abri. Dans le parc, seulement quelques WC de chantier et trois camions citerne d’eau potable constituent les infrastructures sanitaires. C’est loin d’être suffisant. Beaucoup de femmes et de jeunes enfants sont repartis dans les petits groupes. Mais la majorité des migrants sont des hommes jeunes.

Les migrants dans Belgrade, notre reportage

La crainte de l'étape hongroise

Tous sont arrivés en bus depuis la frontière macédonienne. Ils font partie des 6 000 refugiés entrés en Serbie le week-end dernier. Belgrade n'est qu'une étape sur leur route vers la frontière hongroise et l’Union européenne. Les migrants restent sur place un à deux jours.

Dans le parc, un traducteur employé d'une compagnie de bus donne des informations avec un haut-parleur. Si beaucoup de migrants ont un contact qui les attend en Europe de l’Ouest, personne ne sait exactement comment franchir la frontière hongroise. Bilal par exemple, un étudiant de Damas, devait essayer mardi soir de franchir le mur anti-migrants qui a été érigé. « Quand j'étais chez moi en Syrie, je savais déjà que la Hongrie était le point critique de mon voyage, confie-t-il. Mais je vais essayer, je n’ai pas d'autre choix. »

 


■ La Bulgarie déploie des militaires à la frontière

Depuis le début de l'année, la Bulgarie a accueilli 15 000 migrants clandestins, notamment des Syriens. Un mur est déjà construit le long de sa frontière avec la Turquie. Face au flux de migrants en provenance de la Macédoine, ces derniers jours, Sofia a décidé, mardi 25 août, de déployer des militaires à sa frontière pour assurer la sécurité.

Nikolai Karaivanov, responsable adjoint des opérations au ministère de la Défense, a précisé sur la radio publique BNR la teneur de ces nouvelles mesures. « Actuellement, en accord avec la police des frontières, environ 25 militaires vont être envoyés aux quatre postes-frontières avec la Macédoine. L’objectif est de venir en aide à la police des frontières. Les militaires vont effectuer des patrouilles communes avec les agents de la police des frontières. Je veux souligner que l’armée ne mènera pas de missions indépendantes. »

Nikolai Karaivanov l'assure, les militaires ne sont là qu'en soutien. « La police des frontières dispose d’effectifs suffisants pour l’accomplissement de son travail, nous, nous venons en soutien pour assurer la sécurité. Les militaires sont équipés de véhicules de transport et de très peu de véhicules blindés. Matériel qui ne sera utilisé que par l’armée. Nous sommes prêts à rester à la frontière tant que notre présence sera nécessaire pour résoudre la crise, tout dépend des circonstances et de la durée des tensions. »

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