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Allemagne/ Automobile/ Etats-Unis

ICCT, l'ONG américaine par qui le vaste scandale Volkswagen est arrivé

Volkswagen a annoncé mardi que le logiciel accusé, aux Etats-Unis, de fausser les résultats des tests anti-pollution équipait 11 millions de véhicules dans le monde, notamment les modèles Jetta et Passat.
Volkswagen a annoncé mardi que le logiciel accusé, aux Etats-Unis, de fausser les résultats des tests anti-pollution équipait 11 millions de véhicules dans le monde, notamment les modèles Jetta et Passat. REUTERS/Shannon Stapleton
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le scandale prend une ampleur considérable. Le géant de l'automobile Volkswagen, réputé pour sa fiabilité, est dans une tourmente mondiale, après la révélation d'une tricherie aux Etats-Unis sur les contrôles antipollution. Onze millions de véhicules sont concernés. La Corée du Sud, l'Italie, la Suisse ont notamment annoncé des enquêtes. Et la France plaide pour des investigations à l'échelle européenne. A l'origine de ces révélations, qui font vaciller le constructeur allemand : une ONG américaine, ICCT.

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Tout commence en 2013. John German, responsable aux Etats-Unis de l'ONG International Council of Clean Transportation (ICCT), spécialisée dans les transports écologiques, cherche à vérifier le niveau de pollution des véhicules diesel. L'ONG n'a pas les instruments de mesure nécessaires et fait donc appel à un professeur d'une petite université de Virginie occidentale. Ce sera Gregory Thompson, spécialiste des émissions, des moteurs et des carburants alternatifs.

Cet homme effectue alors une série de tests en condition réelle, sur route, sur deux des modèles diesel de la marque Volkswagen, la Jetta et la Passat. Et les résultats obtenus sont stupéfiants : les émissions polluantes émises, pour la Jetta notamment, sont 15 à 35 fois supérieures aux mesures publiées par Volkswagen. Preuve à l'appui, convaincue et convaincante, l'ONG demande aux autorités américaines des explications.

Faute avouée, à moitié pardonnée ?

En mai 2014, l'Agence fédérale pour l'environnement ouvre sa propre enquête et découvre sur plusieurs modèles Volkswagen et Audi, un petit logiciel capable de limiter les émissions de gaz polluants le temps des contrôles. Le 18 septembre dernier, l'Agence fédérale américaine demande des comptes au groupe allemand.

Le constructeur garde le silence jusqu'à dimanche, où un communiqué du président du directoire de Volkswagen explique : « Je regrette personnellement d'avoir déçu la confiance de nos clients et du public. »

La faute est avouée, mais les Etats-Unis les premiers ne sont pas prêts de la pardonner. Au total, 11 millions de véhicules vendus dans le monde sont concernés. Selon les enquêtes internes, des voitures d'autres marques du groupe, comme Audi, Seat, Skoda ou Porsche sont égalemment équipées du logiciel interdit.

Vers une démission du patron de Volkswagen ?

Au-delà d'écorner l'image de la firme, et l'image de l'industrie allemande, le scandale va donc certainement coûter très cher à Volkswagen. Suite à l'aveu du constructeur, le titre à plongé à la bourse de Francfort, où en 48 heures, Volkswagen a perdu un tiers de sa valeur.  Le constructeur allemand vient d'annoncer qu'il provisionnait pour ses résultats du troisième trimestre 6,5 milliards d'euros, afin de faire face aux éventuelles retombées financières.

Une provision qui sera rapidement revue à la hausse, car Volkswagen risque des amendes de 16 milliards d'euros rien qu'aux Etats Unis. De quoi l'obliger à revoir sensiblement ses objectifs de résultats pour 2015. En attendant, le groupe tente de calmer le jeu, en affirmant que les nouveaux véhicules du groupe équipés du même moteur diesel en vente dans l'Union européenne répondent aux normes environnementales exigées en Europe. La chancelière allemande a demandé une « transparence totale » à Volswagen, l'un des fleurons de l'industrie du pays.

Le patron du directoire, Martin Winterkorn, pourrait être démis de ses fonctions dès vendredi par le conseil de surveillance, selon le journal allemand Tagesspiegel, qui rapporte cette information sur la foi de sources proches de l'organe de contrôle mais non identifiées. Matthias Müller, le patron de Porsche, filiale de Volkswagen, pourrait même lui succéder selon le journal. Un porte-parole du groupe dément pour l'instant, jugeant « ridicules » l'information selon laquelle M. Müller remplacerait M. Winterkorn.

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