Turquie

Turquie: deux ministres pro-kurdes démissionnent

Le ministre des Relations avec l'Union européenne Ali Haydar Konca (à gauche) et le ministre du Développement Muslum Dogan expliquent leur démission du gouvernement lors d'une conférence de presse.
Le ministre des Relations avec l'Union européenne Ali Haydar Konca (à gauche) et le ministre du Développement Muslum Dogan expliquent leur démission du gouvernement lors d'une conférence de presse. AFP PHOTO / ADEM ALTAN

Démission surprise de deux ministres du gouvernement turc intérimaire, moins d'un mois après leur entrée en fonction. Ils appartenaient au HDP, le petit parti pro-kurde, dans le collimateur de l'AKP, le parti au pouvoir, depuis son entrée au Parlement en juin dernier. Le ministre des Relations avec l'Union européenne et le ministre du Développement ont expliqué leur décision par « la logique de guerre » du parti au pouvoir depuis 13 ans et du président Erdogan.

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Avec notre correspondant à Istanbul,  Jérôme Bastion

L'entrée au gouvernement d'Ali Haydar Konca et Muslum Dogan, alors que les deux autres partis d'opposition pressentis avaient décliné, avait fait grincer des dents, mais elle s'expliquait par la volonté du HDP de tenter de freiner le « parti de la guerre », a expliqué son porte-parole.

Moins d'un mois après leur entrée au cabinet, leur départ n'est donc guère une surprise, tant l'échec de leur noble objectif est patent. C'est bien l'aggravation d'une « situation de guerre » qui a motivé leur décision. Ce qui l'a précipitée, c'est la destruction ces derniers jours par bombardements aériens de deux cimetières et lieux de culte alévis dans le sud-est du pays.

Les deux ministres, des alévis eux-mêmes, ont également cité dans leur déclaration solennelle le blocus total de la ville de Cizre au début du mois, qui a coûté la vie à plus de 20 civils. La répression et les violences indifférenciées contre civils, rebelles, responsables locaux et élus du HDP sont inadmissibles, ont-ils expliqué. D'ailleurs, selon eux, la sécurité de la prochaine consultation électorale ne peut pas être assurée.

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