Russie / Turquie

Survols russes de la Turquie: Moscou minimise

Image d'un avion russe d'attaque au sol Su-25 sur le tarmac de la base militaire d'Heymim, en Syrie, diffusée par le ministère russe de la Défense.
Image d'un avion russe d'attaque au sol Su-25 sur le tarmac de la base militaire d'Heymim, en Syrie, diffusée par le ministère russe de la Défense. REUTERS/Ministry of Defence of the Russian Federation

L'Otan s'est réunie en urgence à Bruxelles, ce lundi 5 octobre, pour réagir à des incursions d'avions de chasse russes ce week-end dans l'espace aérien de l'un des 28 membres de l'Alliance atlantique, en l'occurrence la Turquie. A Moscou, on joue l’apaisement. Mais, pour l'Occident, cette violation « n'est pas un accident ».

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Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

Le Kremlin cherche à minimiser l’incident, du moins officiellement. Les deux incursions de chasseurs-bombardiers russes dans le ciel turc ne sont même pas mentionnées par la télévision publique qui, en revanche, diffuse de nombreux reportages sur le fonctionnement des avions ou la vie des pilotes russes en Syrie.

La presse écrite n’en fait guère plus ou se contente de reprendre les dépêches d'agence. Le journal Kommersant préfère s'interroger sur le bien-fondé de la compétition entre les deux coalitions, chacune se disputant « l’honneur » d’être vainqueur du groupe Etat Islamique.

Que « cela ne se reproduise pas »

Coté officiel, le Kremlin a confirmé en fin de journée que l’ambassadeur de Russie à Ankara avait été convoqué au ministère turc des Affaires étrangères. Mais pour lui, l’incident n’aura pas de conséquences sur les relations entre les deux pays, qui ont « une base solide ». Du côté de l'Otan, on ne l'entend pas de cette oreille et l'on indique, ce 6 octobre en fin de matinée, que la violation de l'espace aérien turc n'est « pas un accident ». Le secrétaire général de l'Alliance, M. Stoltenberg, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse à Bruxelles, a souhaité que « cela ne se reproduise pas ».

Pour le ministère de la Défense, la base militaire d’où partent les chasseurs-bombardiers russes n’est qu’à une trentaine de kilomètres de la frontière, et, dans certaines conditions météorologiques, ce genre d’incident peut arriver, mais il ne faut pas y voir d’intention ou de complot de la part de la Russie. La Russie a également réaffirmé qu’elle était hostile à l’idée d’Ankara de créer une zone de sécurité et d’exclusion aérienne le long de la frontière turco-syrienne.

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