Turquie

Attentat en Turquie: des sanctions mais pas de remise en question

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (2ème g.) et son homologue finlandais Sauli Niinistö ( 2ème d.), le 14 octobre sur les lieux de l'attentat, à Ankara, en Turquie.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (2ème g.) et son homologue finlandais Sauli Niinistö ( 2ème d.), le 14 octobre sur les lieux de l'attentat, à Ankara, en Turquie. REUTERS/Stringer

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est rendu ce mercredi matin sur le site de l’attentat qui a fait 97 morts dans le centre d’Ankara, il y a quatre jours. Il était en compagnie de son hôte, le président finlandais Sauli Niinistö, pour y déposer une gerbe de fleurs. La veille, Erdogan avait pour la première fois évoqué publiquement cet attentat, et diligenté une enquête interne, dans un apparent geste de bonne volonté.

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L'enquête interne annoncée mardi soir par le président Erdogan semble avoir rapidement porté ses fruits, commente notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion. Dès le milieu de la nuit, trois cadres de la police en poste dans la capitale étaient suspendus. Le ministère de l’Intérieur a indiqué ce mercredi matin que les trois fonctionnaires avaient été écartés pour « faciliter l’enquête sur l’attentat lui-même ».

Le président Erdogan a en revanche écarté toute critique envers les ministres concernés, et toute éventualité d’une démission, alors qu’ils sont sur la sellette pour la défaillance de leurs services, notamment en matière de renseignements.

Or, si l’enquête a débouché sur l’identification des deux kamikazes, ainsi que de leurs complices les plus directs, cela illustre justement l’échec de la surveillance de ces individus puisqu’ils faisaient partie de la liste des suspects les plus dangereux. L’un des deux auteurs est tout simplement le frère du kamikaze de l’attentat de Suruç.

Cela confirme la piste de ce que la Turquie présente comme une filière de l’organisation Etat islamique, bien que cette organisation n’ait jamais revendiqué ces attaques.

Autre fausse impression qu’il faut corriger : si ce mercredi matin, le président s’est rendu sur les lieux de l’explosion, c’est seulement à l’invitation de son homologue, le chef de l’Etat finlandais, en visite dans la capitale. Un hommage qui intervient quatre jours après le drame et trois jours après celui des ambassadeurs de l’Union européenne.

Deux proches du PKK arrêtés

Les autorités turques ont par ailleurs arrêté deux personnes soupçonnées de liens avec les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces deux hommes sont soupçonnés d'avoir eu connaissance du double attentat-suicide, rapporte l'Agence France-Presse (AFP), citant des sources officielles.

Ces deux hommes auraient échangé des informations sur Twitter au sujet d'une attaque, neuf heures avant l'opération des deux kamikazes qui ont visé un rassemblement pro-kurde devant la gare centrale d'Ankara, a indiqué un responsable du ministère de l'Intérieur. « C'est une nouvelle enquête. Nous nous interrogeons sur la façon dont ils auraient pu avoir connaissance » de l'attentat, a confirmé à l'AFP un responsable turc sous couvert d'anonymat.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a annoncé que le groupe jihadiste Etat islamique (EI) était le « suspect numéro 1 » de l'attentat d'Ankara. Il n'a en revanche pas exclu catégoriquement une implication du PKK, dont les combattants ont repris les combats contre les forces de sécurité turques depuis la fin juillet.

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