Union européenne

La crise des réfugiés, le Brexit et la Turquie chahutent Bruxelles

Un bateau de réfugiés approche l'île grecque de Lesbos. La crise migratoire sera au coeur du nouveau sommet européen.
Un bateau de réfugiés approche l'île grecque de Lesbos. La crise migratoire sera au coeur du nouveau sommet européen. Reuters

La guerre en Syrie, le référendum sur la sortie du Royaume Uni de l’UE, le renforcement de l’Union économique et monétaire feront partie des sujets évoqués ce jeudi 15 octobre par les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Huit réunis en sommet à Bruxelles. Mais le plat de résistance, sera une fois de plus la crise des réfugiés. Après avoir adopté une série de mesures d’urgence, les responsables européens vont tenter d’aller plus loin pour donner une nouvelle impulsion à leur politique commune.

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Ce sera le quatrième sommet d’affilée, consacré, pour une très large part, à la question des réfugiés. Après avoir discuté de la répartition des demandeurs d’asile entre les divers pays de l’Union européenne, après avoir lancé l’idée de centres d’enregistrement et de sélection des migrants qui commencent à se mettre en place en Italie et en Grèce, les Vingt-Huit veulent aller plus loin.

Ils souhaitent notamment relancer les discussions sur la mise en place d'un corps de garde-frontières pour protéger l'espace Schengen, et examiner un renforcement du mandat de l'agence Frontex, qui surveille les frontières extérieures de l'Union.
Comment arrêter ou du moins ralentir l’exode ? Ces questions renvoient quasi systématiquement vers un pays, la Turquie.

Voisine à la fois de la Syrie et de l’Union européenne, véritable plaque tournante, la Turquie est un partenaire indispensable aux yeux de plusieurs dirigeants européens. Il va donc falloir négocier les contours d’une éventuelle collaboration. L'UE pourrait débloquer un milliard d'euros pour aider Ankara à s'occuper des plus de 2 millions de réfugiés syriens et irakiens présents sur son territoire. En échange, la Turquie devra renforcer la surveillance de ses côtes et de ses frontières avec la Grèce et la Bulgarie, et à accepter le retour de migrants sur son sol.

Enfin, les 28 vont réfléchir à la manière d’intensifier le dialogue avec les pays d’origine des migrants non éligibles au droit d’asile, pour qu’ils délivrent des laissez-passer et favorisent ainsi les reconduites des clandestins.

Le « Brexit » sur la table du sommet européen,

Les dirigeants européens discuteront aussi du référendum sur la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne. Cela commence ce jeudi 15 octobre à midi avec un déjeuner entre Jean-Claude Juncker et David Cameron. Au cours de ce déjeuner, Jean-Claude Juncker demandera à nouveau à son commensal britannique de bien vouloir enfin préciser les points sur lesquels il souhaiterait que s’engage la négociation sur le maintien de son pays dans l’UE.

Depuis de longs mois, David Cameron multiplie les discours au cours desquels il redit vouloir limiter chez lui la libre circulation et le droit d’établissement des citoyens européens, protéger la place financière de Londres de la réglementation européenne, avoir un droit de regard sur la zone euro sans y participer et réécrire le préambule des traités européens de façon à en effacer toute référence, à l’objectif d’une union toujours plus étroite entre pays membres.

Telles quelles, ces prétentions sont évidemment inacceptables pour les 27 partenaires de David Cameron, partenaires qui veulent bien de quelques arrangements à la marge pour tenter de le sortir du piège qu’il s’est imposé à lui-même mais pour cela, il faut des indications précises qui tardent à venir. On ne pourra sans doute pas progresser d’un millimètre avant, au mieux, la fin de cette année.

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