Allemagne / Immigration

A Dresde, face à face tendu entre Pegida et ses opposants

Un millier de policiers étaient mobilisés pour éviter les heurts entre les partisans de Pegida et les contre-manifestants, le 19 octobre 2015, à Dresde. .
Un millier de policiers étaient mobilisés pour éviter les heurts entre les partisans de Pegida et les contre-manifestants, le 19 octobre 2015, à Dresde. . REUTERS/Fabrizio Bensch

A Dresde, dans l’est de l’Allemagne, le mouvement anti-islam Pegida a rassemblé environ 20 000 partisans pour célébrer le premier anniversaire de sa création, lundi 19 octobre. Dans le même temps, les adversaires de Pegida ont organisé une contre-manifestation. 

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Avec notre correspondant à Berlin,Pascal Thibaut

Dresde était lundi soir en état de siège. La tension était à l'extrême. Un millier de policiers étaient mobilisés pour éviter des heurts entre les tenants de Pegida et les contre-manifestants. A l'arrivée, les responsables du mouvement xénophobe comme ceux qui voulaient montrer un autre visage de leur ville et de l'Allemagne peuvent être satisfaits de leur mobilisation.

Pour son premier anniversaire, Pegida a rassemblé entre 15 000 et 20 000 supporters, contre 9 000 il y a une semaine. Le dirigeant du mouvement Lutz Bachmann s'est montré sûr de sa victoire. Il a qualifié la chancelière, dans le collimateur du mouvement, de « dictateur » et la foule a scandé : « Merkel doit foutre le camp ».

« Nous les patriotes sommes là depuis un an. Et depuis nous manifestons avec succès dans la rue. Nous ne disparaitrons pas. Nous restons pour vaincre et nous allons gagner », a affirmé Lutz Bachmann. Pegida, qui se présente comme un mouvement de citoyens contre des dirigeants qui ne les écoutent pas, dénonce plus que jamais l'accueil de nombreux réfugiés en Allemagne.

Les contre-manifestants ont quant à eux mobilisé plus qu'ils ne l'espéraient avec 13 000 personnes, selon certains chiffres. « Je veux montrer que nous sommes beaucoup à être contre Pegida et contre la xénophobie. Et je ne veux plus avoir honte pour ma ville. Je suis heureuse que nous soyons autant ce soir », commentait une femme dans la foule.

En fin de soirée, lorsque les uns et les autres ont quitté le centre-ville pour rentrer chez eux, des échauffourées ont eu lieu entre manifestants des deux bords.

Pour ce premier anniversaire de Pegida, la capitale de la Saxe aura donc montré un double visage : celui d'une Allemagne hostile à l'arrivée des réfugiés et une autre soucieuse de prouver que les anti-islam restent globalement minoritaires.

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