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Slovénie: les migrants et réfugiés, à la porte de l'Autriche

Des migrants attendent à Sentilj (Slovénie) avant d'être transférés en bus vers Spielfeld, en Autriche.
Des migrants attendent à Sentilj (Slovénie) avant d'être transférés en bus vers Spielfeld, en Autriche. AFP PHOTO / Jure Makovec AFP PHOTO / Jure Makovec

Après la fermeture, par la Hongrie, de sa frontière avec la Croatie, la route des migrants passe désormais par les pays de l'ancienne Yougoslavie : Serbie, Croatie et Slovénie, jusqu'à l'Autriche. Force est de constater que le transit des réfugiés est mieux organisé depuis que la route contourne la Hongrie. On transfère les migrants par petits groupes de 200 à 300 personnes, d'un pays à l'autre. Mais le flux a ralenti, car la Slovénie ne veut laisser entrer que 2 500 personnes par jour.

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De notre envoyée spéciale à la frontière austro-slovène,  Florence La Bruyère

La Slovénie a annoncé lundi qu'elle ne voulait désormais laisser entrer sur son sol que 2 500 personnes par jour. La semaine dernière, 7 000 à 8 000 personnes passaient quotidiennement d’un pays à l’autre. Du coup, la Croatie a demandé à la Serbie de ralentir le flot : à la frontière serbo-croate, le centre d’accueil affiche donc complet. Et côté serbe, plus d’une vingtaine de bus attendent de pouvoir franchir la frontière.

Abdullah Nevi a 38 ans et vient d'Afghanistan. Samedi, il était en Serbie, dimanche en Croatie et ce lundi, il est déjà en Slovénie. « Je voudrais retourner à Londres, où j'ai travaillé pendant trois ans et demi. En Afghanistan, la situation empire de jour en jour. Ma femme est enseignante. Les talibans lui disent : " Ne va pas à l'école, ne va pas enseigner, sinon on te tuera. " »

Vêtements et jouets

En Croatie, en Slovénie et en Autriche, les équipes du Haut Commissariat pour les réfugiés de l’ONU sont présentes partout. Andrej Kunic est un militant slovène des droits de l'homme. Il est venu voir si les arrivants sont bien traités. Il y a un mois, la Slovénie a mal géré la situation : « La dernière fois, l'Etat a laissé 800 personnes dans un " no man's land " et ils ne leur ont même pas donné de l'eau », explique-t-il. Aujourd'hui, tout est parfaitement organisé. On distribue des vêtements et des jouets pour les enfants.

La police slovène transporte ensuite les réfugiés dans un centre d'hébergement. Dans le camp d'accueil de Sentilj en Slovénie, situé près de la frontière autrichienne, un officier de l’armée autrichienne raconte : « Nous avons mis du temps à comprendre qu’il ne faut pas distribuer de l’eau minérale gazeuse aux réfugiés du Moyen-Orient, parce qu’ils boivent plutôt de l’eau plate. » Joachim Huber, porte-parole de la police autrichienne, rappelle quant à lui que « les réfugiés peuvent demander l'asile. Et ils peuvent aussi aller en Allemagne, tant que la frontière allemande reste ouverte. »

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