Migrants

Migrants: l'Union européenne veut ses propres gardes-frontières

Les gardes-côtes grecs, secondés par les équipes de Frontex, surveillent les arrivées clandestines au large de Samos.
Les gardes-côtes grecs, secondés par les équipes de Frontex, surveillent les arrivées clandestines au large de Samos.

Pour renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’UE, la Commission européenne a annoncé ce mardi 15 décembre au Parlement européen à Strasbourg une série de mesures. Notamment une modification du code Schengen pour instaurer des contrôles systématiques des ressortissants européens aux frontières de l’espace de libre circulation, mais surtout, la création d’un corps européen de gardes-frontières, une mesure qui risque de ne pas faire l’unanimité en Europe.

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Avec notre envoyée spéciale à Strasbourg, Joana Hostein

C’est une proposition « très sensible », reconnaît le commissaire européen à l’immigration. Et pour cause, elle touche à la souveraineté des Etats membres. Elle est pourtant « indispensable pour sauver Schengen, pour sauver la libre circulation des citoyens », insiste-t-il, et pour mettre fin à l’entrée illégale de migrants en Europe.

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Selon les derniers chiffres de la Commission, depuis le début de l’année, 1,5million de personnes sont arrivées sur le continent européen sans être enregistrées préalablement. Le principe, c’est donc de renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen, avec la création d’un corps européen de 1500 personnes mobilisable en moins de trois jours et doté de matériel de première intervention.

Renforcer Frontex

L’idée c’est en fait de renforcer les moyens de l’agence Frontex actuellement limités : manque d’hommes, manque de matériel, manque de budget… Pour aider la Grèce, Frontex a dû faire appel à la solidarité européenne, mais sur les 746 agents supplémentaires demandés en octobre, à peine à un peu plus de la moitié ont été réunis jusqu’à présent.

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Ces gardes-frontières et gardes-côtes pourraient à terme être envoyés dans une zone sous tension, même si les autorités nationales n’en font pas la demande. De l’ingérence, s’insurgent déjà les europhobes de l’assemblée, notamment dans les pays de l'Est de l'Europe dirigés de majorités très nationalistes parce qu'il touche à leur souveraineté, à la gestion de leurs frontières. Cette nouvelle autorité aura notamment pour tâche de renvoyer « plus efficacement » les déboutés du droit d’asile et de monter dans l’urgence une opération frontière extérieure de l’Union européenne, sans avoir à demander l’autorisation préalable des gouvernements nationaux. De quoi nourrir d’autres empoignades avec les parlementaires européens.

Ce qui nous a vraiment posé des problèmes, c'est qu'on a attendu trop longtemps. Donc effectivement on a besoin d'une force d'intervention rapide, d'au moins 1500 personnes.

Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne

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