France / Turquie

Cazeneuve appelle la Turquie à contenir le flot de migrants

Bernard Cazeneuve et son homologue turc Efkan Ala à Ankara, le 6 février 2016.
Bernard Cazeneuve et son homologue turc Efkan Ala à Ankara, le 6 février 2016. AFP

Ils seraient environ 20 000 Syriens bloqués à la frontière turque. Tous fuient la ville d'Alep, cible des raids aériens du régime de Bachar el-Assad dans l'espoir d'un hypothétique passage vers le Vieux continent. Un tableau qui inquiète au plus haut point les Nations unies mais aussi les pays européens. Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve était ce vendredi en Turquie où il s’est entretenu avec son homologue turc. Il a demandé un geste d’Ankara pour endiguer le flot de migrants.

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Avec notre envoyé spécial à Ankara,  Guilhem Delteil

« La réduction du flux de réfugiés est pour nous une priorité extrêmement importante », avait dit Bernard Cazeneuve ce vendredi matin, juste avant de quitter la Grèce. Et pour endiguer ces flux, le ministre français de l’Intérieur compte sur la Turquie.

A Ankara, il est venu demander à ses interlocuteurs d’en faire plus pour empêcher les départs des bateaux vers les côtes grecques. Pour cela, Bernard Cazeneuve a identifié un principal axe d’action : la lutte contre les passeurs. Le ministre français préconise de renforcer l’échange de renseignement entre les services turcs et européens.

Mais son homologue turc, Efkan Ala, a lui surtout insisté sur les efforts déjà fournis par son pays dans cette crise migratoire - 2,7 millions de Syriens ayant fui la guerre vivent aujourd’hui en Turquie. Le gouvernement d’Ankara a dépensé près de 3 milliards de dollars pour faire face à cette crise. Et il regrette que la communauté internationale ne se soit pas montrée plus solidaire.

Certes, le ministre turc salue les efforts de l’Union européenne qui vient d’annoncer le prochain déblocage d’une enveloppe de 3 milliards d’euros pour aider la Turquie à faire face à l’afflux de réfugiés. Mais la réponse la plus claire des autorités d’Ankara est probablement dans les faits : une frontière fermée avec la Syrie. Et selon l’ONU, 20 000 personnes ayant fui les combats dans la région d’Alep, sont bloquées du côté syrien.

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