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Bosnie-Herzégovine

Massacre de Srebrenica: verdict attendu pour Radovan Karadzic à La Haye

Ratko Mladic (à gauche) avec Radovan Karadzic, en avril 1995
Ratko Mladic (à gauche) avec Radovan Karadzic, en avril 1995 REUTERS/Ranko Cukovic/File
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Plus de vingt ans après le massacre de Srebrenica et le sanglant siège de Sarajevo, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, saura jeudi si les juges du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) l'ont jugé coupable de génocide pour les pires atrocités commises en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. A 70 ans, Karadzic est inculpé de 11 chefs d'accusation pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre en Bosnie, qui a fait plus de 100 000 morts et plus de deux millions de déplacés entre 1992 et 1995.

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Mercredi, Radovan Karadzic a déclaré s'attendre à être acquitté. Il a également assuré avoir œuvré pour la paix. Il lui sera néanmoins difficile d’échapper à une condamnation ce jeudi.

Psychiatre, poète raté, dirigeant nationaliste, criminel de guerre, Radovan Karadzic était même devenu le « bon docteur Dabic », spécialiste en médecines alternatives au cours de sa longue cavale. Président de la Republika Srpska durant la guerre de Bosnie, inculpé par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie en 1995, finalement arrêté à Belgrade en juillet 2008, Radovan Karadzic sera fixé sur son sort ce jeudi après-midi.

Nettoyage ethnique

Il est inculpé de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crime de génocide pour le cas spécifique du massacre de Srebrenica, en juillet 1995. L’enjeu est essentiel : Karadzic n’était pas un chef de guerre, mais l’instigateur, avec le général Ratko Mladic et le président serbe de l’époque Milosevic, du nettoyage ethnique pratiqué par les milices serbes de Bosnie. Le procès de Slobodan Milosevic ayant été interrompu par le décès de l’accusé, en mars 2006, il pourrait devenir le premier responsable politique reconnu coupable de génocide depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Quel qu’il soit, le verdict ne fera pas l’unanimité et pourrait même réveiller des tensions, tant en Bosnie-Herzégovine que dans la région. Les Bosniaques attendent une nouvelle reconnaissance du caractère génocidaire du massacre de Srebrenica, tandis que les nationalistes serbes affichent, plus que jamais, leur soutien à l’accusé Karadzic.

Siège de Sarajevo

Karadzic doit aussi répondre de persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés. Il est aussi jugé pour son rôle dans le siège de Sarajevo, qualifié d'« enfer médiéval » par les procureurs du tribunal de La Haye, lors duquel les forces fidèles à Karadzic avaient bombardé sans relâche ses 350 000 habitants. 10 000 personnes ont été tuées au cours des 44 mois que dura le siège.

→ A (RE)LIRE : Srebrenica: 20 ans après, une plaie toujours ouverte

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