Migrants

Naufrage en Méditerranée: des témoins confirment à RFI un lourd bilan

Des centaines de personnes seraient portées disparues, après le naufrage de leur embarcation en mer Méditerranée (photo d'illustration).
Des centaines de personnes seraient portées disparues, après le naufrage de leur embarcation en mer Méditerranée (photo d'illustration). REUTERS/Giorgos Moutafis

Nouveau drame de l'immigration en mer Méditerranée. Un bateau aurait coulé il y a quelques jours entre la Libye et l'Italie avec à son bord près de 500 personnes. Ce sont les chiffres donnés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. 41 rescapés auraient réussi à parvenir jusqu'à Kalamata, au sud-ouest de la Grèce. Ils viennent de Somalie, d'Ethiophie, d'Egypte ou il y a aussi un Soudanais.

Publicité

Cet article est régulièrement mis à jour.

Avec notre envoyée spéciale à Kalamata,  Charlotte Stiévenard

La catastrophe humanitaire se confirme, selon des témoignages de réfugiés arrivés à Kalamata, dans le sud-ouest de la Grèce. Au total, 41 personnes de Somalie, d’Ethiopie et une personne du Soudan ont été accueillies dans une salle de sport de Kalamata. Un Somalien et un Ethiopien racontent qu’ils sont partis de Libye dans une embarcation avec 200 autres personnes. Ils auraient été conduits de nuit vers un autre bateau où se trouvaient déjà 300 personnes.

Les passeurs auraient ensuite commencé à transférer les passagers un à un du petit bateau vers le grand. Avec les vagues et le poids, le plus gros navire aurait alors coulé avec environ 480 passagers à son bord. Muaz Mahmud Ayimo, le jeune Ethiopien de 25 ans, explique avoir perdu sa femme et leur fille de deux mois. Avec dix autres personnes, ils auraient ensuite nagé vers la petite embarcation où se trouvaient une trentaine de personnes dont le jeune Somalien.

Je pouvais voir tous les gens en train de mourir et je ne pouvais rien faire, car j'ai juste sauvé ma vie.

Muaz Mahmud Ayimo, migrant éthiopien de 25 ans

« Ces gens sur ce bateau m'ont lancé quelque chose et ils m'ont sauvé la vie, pas seulement à moi, à dix personnes qui ont nagé avec moi, raconte le jeune père de famille. Ensuite, le conducteur du bateau a démarré le moteur et il a laissé tous ces gens qui étaient dans l'eau. On lui a dit : "nous avons de la famille, s'il vous plait, aidez-nous à les ramener !" Il a répondu : "c'est un petit bateau, si nous prenons tous ces gens, ce bateau va couler aussi". Ma femme et mon bébé, ils étaient déjà morts à ce moment-là. J'ai vu comment il ont avalé l'eau de cet océan et comment ils ont coulé à l'intérieur de ce bateau. Je pouvais voir tous les gens en train de mourir et je ne pouvais rien faire, car j'ai juste sauvé ma vie. Mon bébé, elle avait deux mois. » Il demande aujourd'hui à pouvoir rejoindre sa sur qui est au Canada.

Le passeur aurait ensuite été récupéré par des complices et les réfugiés auraient ensuite erré plusieurs jours en mer avant de pouvoir appeler à l’aide et être sauvés par un bateau avec des Philippins à son bord qui les a ensuite ramenés aux garde-côtes grecs. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés tout comme l’organisation internationale des migrations confirment ces témoignages.

Les réfugiés eux-mêmes indiquent que le sauvetage a eu lieu trois ou quatre jours après le naufrage qui aurait donc eu lieu en milieu de semaine dernière. Mais les récits sont confus alors qu'ils semblent encore sous le choc. Certains disent avoir perdu plusieurs membres de leur famille dans cette catastrophe.

Dans ce contexte, la Commission européenne a appelé à aider davantage la Grèce pour accueillir les migrants, dressant un bilan mitigé de la coopération avec la Turquie dans cette crise migratoire. Même si Bruxelles relève des progrès sensibles, elle demande à Ankara de faire davantage d'efforts.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail