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France / Russie

La coopération aérospatiale entre la Russie et la France survit aux sanctions

L'hélicoptère russe Kamov 62.
L'hélicoptère russe Kamov 62. © Safran/ Remy Bertrand
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L'évènement est quasiment passé inaperçu. Le 28 avril, la Russie a fait voler son tout dernier hélicoptère, le Kamov 62, équipé de moteurs français, dans les installations du constructeur à Arseniev. « C’est un évènement très important pour notre société », a affirmé Alexander Mikheev, le PDG de Russian Helicopters. Sur le papier, le Kamov 62 est une machine « civile » destinée à être utilisée pour le transport de passagers dans l'industrie pétrolière pour desservir les plates-formes. La livraison de « turbines » françaises fabriquée par Turbomeca ne serait donc pas soumise au régime des sanctions internationales mises en place durant la crise ukrainienne, mais ce n'est pas si simple.

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En 2014, les sanctions tombent. Des sanctions contre les banques russes, contre des entreprises ou des particuliers, mais aussi une suspension de la coopération technique sur les forages en eau profonde dans l'Arctique, et bien sûr des sanctions militaires, avec notamment l’interdiction d'exporter du matériel de guerre vers la Russie.

La France finira par renoncer à livrer ses deux navires de guerre « Mistral » en partie déjà payés par la Russie.

Dans le secteur aérospatial, l'affaire suscite alors quelques remous, car Paris et Moscou ont des projets communs, comme le rappelait ce mardi le président du Groupement des Industries aéronautiques et spatiales françaises (GIFAS), Marwan Lahoud. « Deux secteurs sont affectés : la coopération en matière de moteurs et la coopération spatiale, pour laquelle nous avons continué à travailler avec la Russie dans le respect total des sanctions », affirme-t-il.

Le GIFAS reconnaît toutefois que les sanctions n'ont pas pesé lourd sur les 39 milliards d'euros réalisés à l'exportation en 2015. De sources industrielles, il est indiqué qu’« il y a bien eu des interrogations au plus fort des tensions avec la Russie », mais Safran, qui dispose d'une filiale en Russie, n'a pas renoncé à livrer son moteur « Ardiden 3G » pour équiper le dernier hélicoptère russe, le Kamov 62.

Le moteur Abirden 3G frabriqué par Safran n'est pas soumis au régime des sanctions internationales mises en place contre la Russie.
Le moteur Abirden 3G frabriqué par Safran n'est pas soumis au régime des sanctions internationales mises en place contre la Russie. © Safran/ Remy Bertrand

« C'est une technologie civile, sur un hélicoptère civil », rappelle une source industrielle, même si en matière d'hélicoptères la frontière entre machines civile et militaire est parfois ténue.

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