UE / Turquie

Suspension des visas obligatoires pour les Turcs: l'UE va trancher

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et la chancelière allemande Angela Merkel, le 23 avril dernier après leur visite du camp de réfugiés de Nizip, à la frontière turco-syrienne.
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et la chancelière allemande Angela Merkel, le 23 avril dernier après leur visite du camp de réfugiés de Nizip, à la frontière turco-syrienne. STR / AFP

Ce mercredi 4 mai à la mi-journée, la Commission européenne doit donner son feu vert, sous conditions, à une exemption de visas pour les Turcs voyageant dans l'espace Schengen. C'était l'une des promesses formulées par l'Union européenne à Ankara, en échange des efforts faits par la Turquie pour accueillir sur son territoire les migrants illégaux passés en Grèce.

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Avec notre correspondant à Bruxelles,  Quentin Dickinson

La Commission européenne devrait en principe souligner l’étendue des efforts consentis par les autorités turques pour se conformer aux 72 exigences des Européens pour la suspension du régime des visas obligatoires. Ces visas sont actuellement imposés aux ressortissants turcs qui souhaitent se rendre dans les pays de l’espace Schengen pour une durée inférieure à trois mois.

La Commission européenne devrait par conséquent donner un avis favorable à cette exemption de visa, condition mainte fois répétée - et avec une certaine rudesse - par la partie turque, pour que celle-ci continue de mettre en œuvre les accords de renvoi en Turquie des migrants illégaux parvenus dans les îles grecques. Ankara aurait jusqu’à fin juin pour satisfaire aux 72 conditions.

Ce qui coince encore

Ce n’est pas tant le nombre d’irréguliers turcs dans l’UE - on en dénombre moins de 7 000 par an -, qui explique la réticence de plusieurs pays européens à l'idée du suspendre le régime des visas obligatoires, mais bien la dégradation rapide du respect des droits de l’homme en Turquie, ainsi que le refus de reconnaissance par Ankara de l’Etat chypriote, membre de l’Union européenne.

Parallèlement, la Commission européenne fera des propositions de modification du règlement dit de Dublin II, qui impose la gestion du dossier de chaque migrant au pays de l’UE où celui-ci arrive en premier. Et le feu vert sera donné aux cinq Etats européens qui ont réimposé des contrôles aux frontières internes de l’espace Schengen pour maintenir ceux-ci pendant six mois supplémentaires.

→ À relire : Des craintes et des questions, autour de la mise en œuvre de l'accord

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