Turquie / Politique

Turquie: pas de nouveau mandat pour Davutoglu, Erdogan consolide son pouvoir

Ahmet Davutoglu et Recep Tayyip Erdogan, le mercredi 27 aout 2014 à Ankara lors du congrès extraordinaire de l'AKP.
Ahmet Davutoglu et Recep Tayyip Erdogan, le mercredi 27 aout 2014 à Ankara lors du congrès extraordinaire de l'AKP. REUTERS/Umit Bektas

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a annoncé jeudi son retrait prochain de la tête du parti au pouvoir et du gouvernement, une décision qui devrait consolider l'emprise du président Recep Tayyip Erdogan sur le pays. Le Parti de la justice et du développement (AKP) se réunira le dimanche 22 mai pour un congrès extraordinaire lors duquel « je ne pense pas que je serai candidat dans les circonstances actuelles », a déclaré, le visage grave, M. Davutoglu.

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Avec notre correspondant à IstanbulAlexandre Billette

Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cette crise qui a pris de l'importance au cours des dernières semaines. Le Premier ministre Davutoglu a assuré qu'il n'y avait pas de mésentente avec Recep Tayyip Erdogan, mais en réalité il semble bien que le président turc est plus que jamais déterminé à gouverner seul.

Le Premier ministre Davutoglu avait une autonomie, certes très relative, mais dont il se servait néanmoins parfois, notamment lors des discussions avec l'Europe sur la question des réfugiés, qui ont été menées du début à la fin par le Premier ministre.

Ces derniers jours, on a donc vu une accumulation de petits ou de grands désaccords sur les politiques à mener, et Recep Tayyip Erdogan semble vouloir un fidèle parmi les fidèles à la tête du gouvernement pour la suite de son mandat.

D'ailleurs, les noms qui sont déjà évoqués pour remplacer Ahmet Davutoglu le confirment. On parle notamment du ministre de l'Energie qui est, par ailleurs, le propre gendre du président Erdogan.

→ A (RE)LIRE : En Turquie, Erdogan passe le flambeau à Davutoglu


Quel impact cette décision peut-elle avoir ?

Réponse de Jean Marcou, spécialiste de la Turquie et du Moyen-Orient à sciences-po Grenoble.

Je crois que cela consacre déjà que la Turquie est devenue un régime semi-présidentiel et n'est plus un régime parlementaire.

Jean Marcou

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