Grèce / Alexis Tsiprias

Grèce: le projet de réforme des retraites crée des remous

Le débat au Parlement sur le projet de loi controversé sur la réforme de retraites s'est ouvert ce samedi 7 mai sur fond de deuxième journée consécutive de grève générale.
Le débat au Parlement sur le projet de loi controversé sur la réforme de retraites s'est ouvert ce samedi 7 mai sur fond de deuxième journée consécutive de grève générale. REUTERS/Alkis Konstantinidis

La Grèce vit sa deuxième journée de grève générale à l'appel des syndicats opposés aux réformes du gouvernement Tsipras. Réformes des retraites et de l'impôt sur le revenu qui sont débattues ce samedi au Parlement. Les projets de loi seront soumis au vote des députés dimanche, à la veille de la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe consacrée à la Grèce. Ces réformes sont l'une des conditions pour la poursuite du soutien financier de l’Union européenne et du FMI.

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Les bannières des agriculteurs étaient nombreuses lors de cette seconde manifestation du syndicat communiste PAME, rapporte notre correspondante à Athènes, Charlotte Stiévenard. En janvier, ils avaient bloqué les routes de Grèce pour protester contre les réformes qui les touchent particulièrement comme l'explique Ragias Kleomenis, 48 ans. « Quelqu'un qui gagne 10 000 euros par an, 6 000 partiront dans les cotisations sociales, taxes et impôts. Avec les derniers 4 000, qu'est-ce que tu peux faire ? Comment tu fais vivre ta famille ? » S’inquiète-t-il.

Le gouvernement, lui, insiste sur la création d'une retraite nationale de 384 euros après 20 ans de travail. Vasia, 28 ans a étudié l'agriculture. Elle est aujourd'hui au chômage. Pour elle, c'est trompeur, car d'autres retraites vont être réduites. « Vous savez, avec 300 euros, personne ne peut vivre. Et de toute façon, aujourd'hui à cause de la situation ici en Grèce, une retraite permet de faire vivre toute une famille, pas juste une personne », souligne-t-elle.

Les projets de loi en cours de discussion visent à augmenter les rentrées fiscales du pays et à réduire les dépenses consacrées aux retraites. Les textes prévoient de baisser à nouveau le montant des retraites de niveau moyen et élevé. Pour simplifier le système, les six caisses de retraite et les 930 régimes existants vont être fusionnés.

Les projets de loi prévoient également une augmentation des cotisations sociales, des taxes et de l'imposition pour les moyens et hauts revenus.

Le gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras souhaite faire rentrer 1,7 milliard d’euros par an dans les caisses de l'Etat, comme le demandent l’Union européenne et le FMI.

Le gouvernement tente de faire passer ces réformes en procédure d'urgence avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro qui aura lieu lundi à Bruxelles pour faire le point sur le programme des réformes d'Athènes. S’ils les valident, la Grèce obtiendra une nouvelle tranche de prêts et s'ouvriront des discussions sur un allègement possible de la dette publique du pays.

Allègement de la dette grecque

Depuis dix mois, le FMI fait pression sur l’Union européenne pour qu'elle mène des discussions sur l'allègement de la dette grecque. C'est d’ailleurs la condition pour que le Fonds participe au troisième plan d’aide à la Grèce décidé en juillet dernier. L’institution basée à Washington a toujours insisté sur le fait que pour être viable, le programme des réformes réclamées à la Grèce devait s'accompagner d'un allègement de sa dette.

Si cette idée est soutenue par la Banque centrale européenne (BCE) et la France, elle se heurte à l’intransigeance de l’Allemagne. La chancelière Angela Merkel peine à faire avaler cette idée au contribuable allemand. Cette opposition est soutenue également par d’autres pays de la zone euro. Des pays moins riches que la Grèce comme les républiques baltes, la Slovaquie ou encore la Slovénie. Ainsi, l’idée d’un allégement de la dette sans une réduction nette pourrait peut-être satisfaire tout le monde.

D'un point de vue technique, des équipes de la commission européenne ont commencé à travailler sur cette option. Cela se traduirait par un allongement des échéances de remboursement des prêts et une suspension du paiement des intérêts.

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