Belgique

Belgique: procès sous haute surveillance de la cellule jihadiste de Verviers

L’entrée de la salle d’audience où se déroule le procès de la cellule de Verviers est gardée par une quinzaine de policiers.
L’entrée de la salle d’audience où se déroule le procès de la cellule de Verviers est gardée par une quinzaine de policiers. REUTERS/Francois Lenoir

En Belgique, s'est ouvert ce lundi 9 mai le procès de la cellule jihadiste démantelée à Verviers en janvier 2015, une semaine après l'attaque contre Charlie Hebdo en France. Dans cette affaire, le tribunal correctionnel de Bruxelles va juger 16 personnes dont trois déjà emprisonnées après avoir été arrêtées l'an dernier lors du démantèlement de cette cellule terroriste du groupe Etat islamique. Mais c'est aussi l'ombre d'Abdelhamid Abaaoud qui plane sur l'audience.

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Avec notre bureau de Bruxelles,

C’est un procès sous haute surveillance. L’entrée de la salle d’audience est gardée par une quinzaine de policiers. Neuf prévenus sur les 16 ne sont pas présents car ils sont en fuite, quatre sont incarcérés. Ce matin, l’audience a débuté par une suspension de séance, les avocats souhaitant avoir quelques minutes pour s’entretenir avec les prévenus. Ils n’ont pas pu le faire à cause de la grève des gardiens de prison qui a lieu en ce moment en Belgique. Les visites sont donc interdites.

Le tribunal a ensuite relaté l’enquête et l’assaut des forces spéciales belges et françaises le 15 janvier 2015, dans une maison du centre de Verviers. A l'intérieur, deux hommes ripostent en ouvrant le feu au fusil mitrailleur sur les forces de l'ordre. Ils sont rapidement tués. Ces deux jihadistes belges étaient étroitement surveillés depuis leur retour de l'Etat islamique en Syrie. Selon les autorités, ils étaient sur le point de passer à l'action avec pour projet d'enlever des policiers et de filmer leur décapitation.

Ce sont des écoutes téléphoniques qui ont permis le démantèlement de la cellule jihadiste. « J’ai tout », dit l’un des prévenus à un moment à Abdelhamid Abaaoud. C'est le procès d'un attentat déjoué dans lequel le Belge Abdelhamid Abaaoud, coordinateur des attaques du 13 novembre à Paris, jouait déjà un rôle central.

Quand Abdelhamid Abaaoud narguait les autorités

Peu après cet assaut, dans le magazine du groupe EI, Abdelhamid Abaaoud, tué à Saint-Denis par la police française le 18 novembre, avait lui-même revendiqué la direction de cette cellule et confirmé ses intentions terroristes. Le jihadiste belge de l'organisation EI qui allait frapper la France le 13 novembre 2015 avait même affirmé avoir réalisé un aller-retour en Europe à cette occasion, parvenant ainsi à narguer les autorités avant de retourner en Syrie.

C’est un procès sur lequel plane donc l’ombre d’Abaaoud. Selon le parquet belge, il était le « chef » de cette cellule. La « cellule de Verviers » planifiait-elle un attentat contre des policiers belges ? Dans la planque, des fusils d’assaut, des produits pour fabriquer l’explosif TATP ont été retrouvés.

Selon maître Sébastien Courtoy, l’avocat de l’un des prévenus Marouane El Bali, 26 ans, le seul des trois jihadistes ayant survécu à l’opération du 15 janvier, ce dernier n’était qu’une petite main.

En tout, seize individus vont être jugés pendant trois semaines pour cette affaire Verviers. Quatre sont en détention. Mais neuf autres sont en fuite. La plupart sont actuellement en Syrie ou en Irak au sein du groupe Etat islamique.

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