Autriche

Présidentielle en Autriche: les deux candidats au coude-à-coude

Le candidat écologiste Alexander Van der Bellen et le candidat d’extrême droite Norbert Hofer.
Le candidat écologiste Alexander Van der Bellen et le candidat d’extrême droite Norbert Hofer. REUTERS/Leonhard Foeger/Heinz-Peter Bader/montage RFI

Les deux candidats à la présidentielle autrichienne, Norbert Hofer pour l'extrême droite et l'écologiste Alexander Van der Bellen étaient au coude à coude ce dimanche 22 mai, selon les projections des instituts de sondage à la fermeture des bureaux de vote.

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Cet article est régulièrement mis à jour.

Avec agences et notre correspondant à VienneNathanaël Vittrant

Les projections sont très instables, ce dimanche soir. Le candidat du FPÖ Norbert Hofer était dans un premier temps donné vainqueur, avec 50,2% des voix, contre 49,8% pour son rival, l'écologiste Alexander Van der Bellen. Une nouvelle projection affinée de l'institut SORA pour la télévision publique autrichienne donnait en revanche le candidat écologiste en tête, avec 50,1% des voix. Mais l'écart demeure trop faible pour avancer pour le moment le nom d'un vainqueur, avec une marge d’erreur évaluée à 2%.

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Compte tenu du faible écart entre les deux candidats, les Autrichiens pourraient ne pas connaître dès dimanche soir le nom de leur nouveau président. Les résultats définitifs ne seront communiqués que lundi une fois décomptés les bulletins des 900 000 électeurs qui ont demandé à voter par correspondance, soit plus de 14% du corps électoral. Ce vote par correspondance, intégré aux premières estimations des instituts de sondage, est d'ordinaire défavorable au FPÖ.

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L'écologiste Alexander Van der Bellen, qui partait avec 14% de retard, a visiblement convaincu les autres candidats du premier tour de se rallier à lui pour faire barrage au FPÖ.

Au siège du FPÖ, si les militants et les cadres du parti ont d'abord applaudi les premières projections qui donnaient leur candidat gagnant, les sourires se sont peu à peu effacés pour laisser place à la crispation. Cependant, ils espèrent toujours une victoire de Norbert Hofer, l'ingénieur aéronautique de 45 ans, qui pourrait devenir le premier représentant d'un parti d'extrême droite à prendre la tête d'un Etat de l'Union européenne.

Je me sens bien. Enfin pas trop mal. C’est dommage que si peu d’Autrichiens aient voté pour Hofer. Les médias se sont vraiment acharnés, mais je crois qu’on va quand même l’emporter.

Les soirées électorales des deux candidats

Le président autrichien a un vrai rôle à jouer

En Autriche, le chef de l'Etat joue traditionnellement un rôle protocolaire mais il dispose de certains pouvoirs importants qui font de lui en fait un faiseur de roi. Il a notamment le pouvoir de nommer le chancelier, de révoquer le gouvernement et d'assumer le pouvoir de chef des armées. Il peut sans aucun problème révoquer le gouvernement et le chancelier sans obtenir un feu vert au préalable du Parlement. Et il n'est pas tenu de motiver sa décision. En revanche les deux chambres du Parlement peuvent lui opposer une motion de défiance. Mais dans ce cas-là, c'est un référendum qui tranche : si le référendum est favorable au président, le Parlement est dissous et de nouvelles législatives sont organisées ; si le référendum est défavorable au président, de nouvelles élections présidentielles sont organisées. Autrement dit, le président a largement de quoi peser sur la politique intérieure du pays. Bien plus, il peut bloquer par exemple quand il veut les négociations entre Bruxelles et Washington sur le Traité de libre échange transatlantique en annulant le mandat de négociation du gouvernement. En un mot le nouveau président peut instaurer, s'il le veut, un régime présidentiel à la francaise.

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