Autriche

Autriche: le candidat écologiste Alexander Van der Bellen élu président

L'écologiste Alexander Van der Bellen est officiellement le nouveau président autrichien.
L'écologiste Alexander Van der Bellen est officiellement le nouveau président autrichien. REUTERS/Heinz-Peter Bader

Le candidat indépendant Alexander Van der Bellen, soutenu par les écologistes, a remporté l'élection présidentielle autrichienne avec 50,3% des voix. Il devance le candidat d'extrême droite Norbert Hofer, a confirmé ce lundi 23 mai le ministère de l'Intérieur autrichien.

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Après de longues heures d'attente, l'Autriche connait enfin le nom de son nouveau président. Il s'agit d'Alexander Van der Bellen, qui a recueilli 50,3% des voix. Il devance de 30 000 voix Norbert Hofer, candidat d'extrême droite du Parti de la liberté (FPÖ), qui a reconnu sa défaite sur son compte Facebook (lien en allemand).

Les Autrichiens étant très à cheval sur les procédures, le ministère de l’Intérieur a attendu que tous les bulletins par correspondance soient décomptés pour annoncer les résultats officiels, ce lundi 23 mai peu avant 17h.

Le candidat d’extrême droite se dit « très triste », relate notre envoyé spécial Nathanaël Vittrant. Mais même si l’essai n’est pas transformé, Norbert Hofer parvient tout de même à rassembler sur son nom la moitié des électeurs du pays. Un score dont rêvent beaucoup de partis nationalistes en Europe.

Au premier tour, le 24 avril, Norbert Hofer était arrivé largement en tête avec 35% des voix contre 21% pour Alexander Van der Bellen. Les candidats du SPÖ (social-démocrate) et de l'ÖVP (conservateurs chrétiens), les deux partis qui dominaient la vie politique autrichienne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avaient de leur côté été éliminés. Avant le dépouillement des votes par correspondance du second tour, Hofer était crédité de 51,9% des voix et Alexander Van der Bellen de 48,1%.

Pour l’Autriche c’est un résultat inédit. Jamais les écologistes n’avaient dirigé la tête de l’Etat. Mais Alexander Van der Bellen aura fort à faire pour réconcilier une Autriche divisée. « On a beaucoup parlé des lignes de fracture de ce pays, entre gauche et droite, villes et campagnes, jeune et vieux, etc… Mais nous pouvons aussi considérer ça comme le fait que nous sommes les deux moitiés qui constituent l'Autriche et que chaque moitié est aussi importante que l'autre », a-t-il déclaré.

Je serai bien évidemment un président fédéral au-dessus des partis, un président pour tous les Autrichiens et pour toutes les personnes qui vivent dans ce pays. Etant donné que je serai au-dessus des partis, je suspendrai temporairement mon adhésion au parti des Verts. J'aimerais commencer dès ce soir à essayer de gagner la confiance des électeurs de Norbert Hofer. Parce que je suis convaincu qu'ensemble, nous pouvons travailler à trouver des solutions qui marchent. Peut-être allez-vous me prendre pour un sentimental, mais je crois que l'Autriche est un grand pays qui a accompli des choses extraordinaires dans le passé et accomplira des choses extraordinaires à l'avenir. Et je crois aussi que tout le monde dans ce pays pourra travailler ensemble.

Alexander Van der Bellen, nouveau président autrichien

Alexander Ban der Bellen a également promis « une nouvelle culture politique » et « une nouvelle façon de faire de la politique ». « J’aimerais que dans 6 ans, lors que mon mandat de président prendra fin, la majorité des Autrichiens puissent dire : oui, je vais mieux qu’il y a 6 ans. J’aimerais que dans 6 ans, presque tous les Autrichiens puissent affirmer que leurs enfants soient promis à un bel avenir. Et j’aimerais que dans 6 ans, presque tous les Autrichiens puissent dire qu’ils regardent l’avenir avec confiance, plein d’espoir ! », a-t-il promis.

Premières réactions politiques

D'ores et déjà, le président sortant, le social-démocrate Heinz Fischer, a adressé ses félicitations au vainqueur et a annoncé l'avoir « invité » à lui rendre visite mardi à la Hofburg, le palais présidentiel, pour « préparer la passation des pouvoirs », prévue le 8 juillet.

En France, le président François Hollande a félicité « chaleureusement » la victoire d'Alexander Van der Bellen. Son Premier ministre, Manuel Valls a pour sa part exprimé son « soulagement de voir les Autrichiens rejeter le populisme et l'extrémisme ». « Chacun doit en tirer des leçons en Europe », a commenté le Premier ministre sur Twitter.

Le Front national a adressé à Norbert Hofer ses félicitations pour son « très beau résultat », qui « annonce des succès futurs » en Autriche et « ailleurs dans le monde ». Le parti de Marine Le Pen a ainsi salué dans un communiqué une « performance historique » du candidat du FPÖ, qui a manqué la victoire « à quelques milliers de voix près ». « Le retour des souverainetés nationales n'est plus désormais qu'une question de temps », ajoute le FN, qui entend remporter l'élection présidentielle française en 2017.

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