Migrants

Italie: moins de migrants en Méditerranée, mais toujours beaucoup de morts

Des migrants attendent d'être secourus par des sauveteurs de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, le 24 mai 2016, au large des côtes libyennes.
Des migrants attendent d'être secourus par des sauveteurs de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, le 24 mai 2016, au large des côtes libyennes. GABRIEL BOUYS / AFP

En Italie étaient attendus aujourd'hui les 562 rescapés d'un bateau de migrants qui a fait naufrage au large des côtes libyennes, lorsqu'un patrouilleur italien s'est porté à son secours. Au moins 5 personnes sont mortes dans le naufrage. Depuis le début de l'année, près de 40 000 migrants qui ont tenté la traversée de la Méditerranée sont arrivés sur les côtes italiennes, mais de nombreux autres ont perdu la vie.

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En 2016, environ 38 000 personnes sont arrivées par la mer en Italie, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Un chiffre en baisse, indique à RFI Barbara Molinario, porte-parole à Rome du HCR, qui rappelle qu'en 2015, « il y avait eu, jusqu'à la même époque, 50 000 arrivées ».

« Nous nous attendons à ce que moins de personnes tentent cette traversée, qui a lieu en général entre la Libye et le sud de l'Italie », ajoute Mme Molinario. Parmi les personnes arrivées sur les côtes italiennes, on trouve comme d'habitude des migrants économiques, mais aussi « des gens qui fuient les guerres et les persécutions », indique-t-elle, déplorant de nombreuses pertes en Méditerranée. « La traversée entre la Libye et l'Italie est extrêmement dangereuse et beaucoup de gens y laissent leur vie. Rien que cette année 1 400 personnes sont mortes pendant les traversées », rappelle la porte-parole du HCR à Rome.

Nouveau naufrage

Dans ce contexte, un nouveau naufrage de migrants survenu ce jeudi 26 mai au large des côtes libyennes, a coûté la vie à « 20 à 30 » personnes, a indiqué le capitaine Antonello de Renzis Sonnino, porte-parole de l'opération Sophia, la force navale européenne anti-passeurs, cité par l'Agence France-Presse (AFP).

Pour ceux qui parviennent à rejoindre les côtes européennes, la mission du HCR est de les accueillir le mieux possible, rappelle Barbara Molinario. « Le Haut-Comissariat des Nations unies pour les réfugiés essaye d'être présent dans les ports d'arrivée, pour donner aux gens des informations sur leur droit à demander l'asile ainsi que sur les procédures pour demander l'asile, explique-t-elle. Nous surveillons aussi les conditions d'accueil dans les endroits où les migrants arrivent. »


La vulnérabilité des migrants

Barbara Molinario, porte-parole du bureau du HCR à Rome, souligne l'insécurité à laquelel sont confrontés les migrants depuis leur pays d'origine jusqu'à leur point d'arrivée en Europe.

« Il y a beaucoup de femmes et des enfants, il y a aussi des mineurs non accompagnés, des enfants qui voyagent seuls, sans leurs familles... D'une manière générale, il y a beaucoup de personnes vulnérables, car il y a des gens qui fuient des persécutions, par exemple en Somalie ou en Erithrée. Ils doivent supporter un très long voyage pour arriver en Libye et, une fois là-bas, pouvoir monter sur des bateaux. Ils sont donc non seulement victimes de violences dans leur pays d'origine, mais ils doivent aussi affronter des situations difficiles en traversant le désert, et bien sûr ils continuent à risquer leur vie en faisant appel aux passeurs pour essayer de trouver de la protection en Europe. C'est pourquoi le HCR considère qu'il est important de pouvoir assurer des moyens sûrs pour que les réfugiés puissent rejoindre l'Europe sans devoir risquer leur vie ».

→ A (RE)ECOUTER : Italie: mise en place de couloirs humanitaires aériens pour les réfugiés

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