Allemagne

L’Allemand Steinmeier critique l’attitude de l'Otan aux frontières russes

Des troupes américaines de l'Otan sautent en parachute lors de l'opération «Anaconda», exercice militaire de grande ampleur effectué en Pologne début juin.
Des troupes américaines de l'Otan sautent en parachute lors de l'opération «Anaconda», exercice militaire de grande ampleur effectué en Pologne début juin. JANEK SKARZYNSKI / AFP

Dans une interview accordée au quotidien Bild Zeitung, le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier (SPD) a critiqué ouvertement la politique de l'Otan qui a décidé d'augmenter sa présence militaire à proximité des frontières russes. Steinmeier se refuse à une politique qu'il juge trop unidimensionnelle et veut privilégier le dialogue politique et la diplomatie.

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Avec notre correspondant à Berlin,  Pascal Thibaut

« Celui qui croit que plus de sécurité passe par des parades symboliques de chars se trompe. Nous devrions éviter d'envenimer la situation avec des cris guerriers et des bruits de bottes. » Le très mesuré Frank-Walter Steinmeier critique sur un ton des plus fermes la décision de l'Otan de déployer des forces de l'organisation militaire près des frontières russes. Ces quatre bataillons se veulent une réaction contre les agissements agressifs de Moscou, d'après l'Otan.

Ces derniers jours, l'organisation a effectué une manoeuvre militaire de grande ampleur en Pologne avec 30 000 soldats de 24 pays. Une opération qui se voulait une réaction à une éventuelle agression russe.

« Il serait fatal de réduire notre politique à une dimension militaire et de considérer que la dissuasion militaire constitue notre seule option », ajoute le ministre allemand des Affaires étrangères dans son interview au quotidien Bild Zeitung.

Frank-Walter Steinmeier plaide depuis longtemps pour une politique du dialogue. Il avait ces dernières semaines proposé une réduction graduelle des sanctions contre la Russie en raison de l'annexion de la Crimée en cas de progrès dans l'application des accords de Minsk et non pas lorsqu'ils seront pleinement appliqués.

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