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Royaume-Uni

Investie Premier ministre, Theresa May promet de relever le défi du Brexit

Theresa May lors de son discours devant le 10 Downing Street après sa nomination officielle au poste de Premier ministre par la reine, le 13 juillet.
Theresa May lors de son discours devant le 10 Downing Street après sa nomination officielle au poste de Premier ministre par la reine, le 13 juillet. REUTERS/Peter Nicholls
Texte par : RFI Suivre
26 mn

Theresa May a été officiellement investie Premier ministre britannique mercredi 13 juillet. Elle a été chargée par la reine Elisabeth II, selon la tradition, de former le nouveau gouvernement qui aura la lourde charge de mettre en œuvre le Brexit.

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Avec notre correspondante à LondresMuriel Delcroix

Theresa May n’a pas perdu un seul instant après être devenue lors d’une audience privée avec Elisabeth II, le 13e Premier ministre de la souveraine. A peine le temps d’un cliché, où l’on voit la nouvelle dirigeante faire une révérence devant la souveraine en lui tenant la main, les deux femmes sont tout sourire, et Theresa May était devant sa nouvelle résidence du 10, Downing Street pour prononcer son tout premier discours aux Britanniques devant les caméras.

Une déclaration passionnée et étonnante qui aurait pu avoir été prononcée par un leader travailliste ; Theresa May a en effet insisté sur la nécessité de combattre l’injustice sociale et indiqué que sa priorité n’était pas les riches, les puissants et les privilégiés mais les travailleurs modestes, faisant le serment de les aider à acquérir plus de contrôle sur leur vie. La nouvelle dirigeante a aussi fait la promesse de consolider le Royaume-Uni et préserver le lien qui unit les quatre nations du royaume.

Enfin Theresa May a bien sûr évoqué les lourds défis qui attendent le pays après le référendum pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, en soulignant vouloir que « le pays se forge un rôle positif et audacieux dans le monde ».

Tâche difficile

A 59 ans la deuxième femme à prendre les rênes de l’exécutif britannique après Margaret Thatcher est réputée pour sa détermination, sa force de travail et elle vient de confirmer très publiquement et fermement sa volonté de poursuivre la modernisation du parti conservateur initiée par David Cameron.

Néanmoins elle hérite d'un Royaume-Uni que le référendum a laissé sens dessus dessous, entre turbulences économiques et pression des dirigeants de l'UE pour que Londres engage au plus vite la procédure de divorce et la tâche s’annonce rude. D’autant que cette eurosceptique, qui a défendu le maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire, a prévenu qu'elle ne comptait pas activer l'article 50 du Traité de Lisbonne - qui lance le processus de sortie de l'UE - avant la fin de l'année.

Nouveau gouvernement

Dans la foulée, Theresa May a annoncé la nomination de Philip Hammond au poste de ministre des Finances. Le poste de ministre de l'Intérieur revient à Amber Rudd et le portefeuille la Défense a été attribué à Michael Fallon.

En matière de politique extérieure, ce sont trois figures de proue du camp pro-Brexit qui ont été choisies. L’ancien maire de Londres Boris Johnson, initialement favori pour succéder à David Cameron avant de renoncer à la surprise générale, a été nommé ministre des Affaires étrangères. Ce sera sa première expérience gouvernementale, et il sera épaulé au Commerce international par un autre eurosceptique notoire, Liam Fox.

En revanche ce n'est ni Fox, ni Johnson qui négocieront le Brexit avec l'Union européenne. Pour cela, un nouveau ministère a été créé et c'est David Davis qui en aura la charge. Ce parlementaire est très eurosceptique mais il estime que la Grande Bretagne doit prendre son temps avant d'invoquer l'article 50. En définitive, la nouvelle Première ministre britannique a donné la responsabilité du Brexit à ceux qui l'avaient provoqué.

La reine Elizabeth II accueille Theresa May à Buckingham Palace, peu avant de la nommer officiellement à la tête du gouvernement.
La reine Elizabeth II accueille Theresa May à Buckingham Palace, peu avant de la nommer officiellement à la tête du gouvernement. REUTERS/Dominic Lipinski/Pool

Démission de David Cameron

Auparavant, David Cameron avait lui remis sa démission à la reine, revenue à Londres en toute hâte pour cette passation de pouvoir « express ». David Cameron qui a aussi fait ses adieux devant Downing Streeet avec, à ses côtés sa femme Samantha et leurs trois enfants.

Devant les caméras, il a dressé un bilan de ses 6 années à la tête du Royaume-Uni : « Cela n’a pas été un voyage facile et bien sûr, nous n’avons pas toujours pris les bonnes décisions », a concédé David Cameron qui a, malgré tout, estimé que le pays était beaucoup plus solide aujourd’hui qu’en 2010, notamment sur le plan économique.

L’ex-leader conservateur s’est enfin dit persuadé que Theresa May assurerait stabilité et force au pays. Il a souhaité à celle qui vient de lui succéder de négocier avec succès la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Dans un dernier tweet, sur son compte officiel, il a simplement écrit : « Cela a été un privilège de servir le pays que j’aime ».

Pour David Cameron, c’est donc une nouvelle vie qui commence en tant que simple député avec, comme ombre, un référendum qu’il a lui-même lancé, mais dont le résultat a été l’inverse de celui qu’il souhaitait. Le dirigeant conservateur a remporté deux élections législatives, survécu au référendum d’indépendance de l’Écosse, mais restera pour l’histoire, Le Premier ministre du Brexit. 

Spéciale Investiture de Theresa May

 

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