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Turquie

Putsch raté en Turquie: Erdogan promet d’éliminer «le virus» au sein de l’Etat

Le président Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, dimanche 17 juillet, lors d'une cérémonie en mémoire aux victimes du coup d'Etat raté.
Le président Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, dimanche 17 juillet, lors d'une cérémonie en mémoire aux victimes du coup d'Etat raté. REUTERS/Alkis Konstantinidis
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au lendemain de la tentative ratée de coup d’Etat en Turquie, le président Erdogan a promis d’éliminer « le virus » factieux au sein de l’Etat turc, en s’adressant ce dimanche 17 juillet à une foule de partisans. Il a par ailleurs indiqué que l'acte de trahison commis par un groupe de militaires justifie « le nettoyage » de l'armée.

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« Ce qui a été fait n'est pas suffisant. Dans toutes les institutions d'Etat, nous allons continuer à éliminer ce virus, qui s'est développé comme une métastase à travers le pays, comme un cancer », a promis le président turc Recep Tayyip Erdogan devant une foule de partisans réunie à Istanbul à l’occasion d’une cérémonie en mémoire des victimes des militaires rebelles. Car le bilan des affrontements de la nuit du 15 au 16 juillet est lourd : au moins 290 morts, dont plus de 100 putschistes, selon les autorités.

Fethullah Gülen, l'ennemi juré du président Erdogan, est directement concerné par ces menaces. « Nous les connaissions, les autorités compétentes les connaissaient. Grâce à ce qu’il s'est passé, nous allons avoir l'opportunité de poursuivre ce nettoyage », a poursuivi le président turc en parlant des partisans du prédicateur, aujourd’hui exilé aux Etats-Unis. Dès les premières heures de la tentative de putsch, Recep Tayyip Erdogan avait indirectement accusé ses auteurs d’être liés au mouvement du prédicateur de Fethullah Gülen.

Des milliers d'arrestations, dont le principal conseiller militaire d'Erdogan

Dans les heures qui ont suivi, les autorités turques ont entamé une purge à grande échelle au sein des appareils militaire et judiciaire. Le gouvernement avait annoncé samedi l’arrestation de près de 3 000 soldats pour leur rôle dans la tentative de renversement du président Erdogan, et selon les médias turcs 2 745 juges et procureurs ont également été arrêtés. « Le grand ménage continue », a déclaré ce dimanche le ministre de la Justice Bekir Bozdag.

Le premier conseiller militaire du président Erdogan a lui-même été placé en garde à vue. Le colonel Ali Yazici, aide de camp de M. Erdogan depuis le 12 août 2015 et à ce titre un proche du président, faisait l'objet d'une demande de placement en garde à vue émise par le parquet d'Ankara, a indiqué l'agence de presse progouvernementale Anadolu sans autre détail. Selon la chaîne d'information CNN-Türk, M. Yazici se trouvait à Ankara au moment de la tentative de putsch alors que M. Erdogan était en vacances à Marmaris, dans le Sud-Ouest, d'où il s'était ensuite rendu à Istanbul.

« Ce n’est pas un chèque en blanc à M. Erdogan »

« Nous voulons que l’Etat de droit fonctionne en Turquie. Ce n’est pas un chèque en blanc à Monsieur Erdogan », a déclaré Jean-Marc Ayrault à la chaîne de télévision France 3 ce dimanche midi. Alors que 6 000 personnes sont actuellement en garde à vue en Turquie après le putsch manqué, le ministre français des Affaires étrangères a mis en garde la Turquie : « Ceux qui ont porté atteinte à la démocratie turque doivent pouvoir être poursuivis dans le cadre de l’Etat de droit. Ce n’est pas l’arbitraire qui doit l’emporter, c’est la démocratie qui doit sortir renforcée. »

Le même appel avait été lancé un peu plus tôt par son homologue autrichien. « Il est clair pour moi que cette tentative de coup d’Etat qui doit être condamnée. Mais elle ne doit pas maintenant être utilisée à mauvais escient pour se livrer à l’arbitraire. La primauté du droit doit être respectée », a déclaré Sebastian Kurz à l’agence APA. Le ministre autrichien souhaite que la réunion des ministres européens des Affaires étrangères prévue ce lundi à Bruxelles « montre les limites » au président turc.

Lors d’un rassemblement à Istanbul samedi soir, Recep Tayyip Erdogan a promis à ses partisans que la question d’un rétablissement de la peine de mort, abolie il y a dix ans en Turquie, allait être prochainement soumise au Parlement.

(Avec AFP)

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