Turquie / Recep Tayyip Erdogan

Turquie: avec près de 6000 arrestations, la grande purge continue

Une capture vidéo de la télévision d’Etat TRT montre des soldats se rendre à la police, à Istanbul le 16 juillet.
Une capture vidéo de la télévision d’Etat TRT montre des soldats se rendre à la police, à Istanbul le 16 juillet. REUTERS/Capture vidéo TRT

Au lendemain de la tentative de coup d’Etat en Turquie, « le ménage continue », selon les termes du ministre de la Justice, Bekir Bozdag, s’apparentant à une vaste purge. Le gouvernement a annoncé, dimanche 17 juillet, la mise en garde à vue de 6 000 personnes : des généraux, des juges, des procureurs ou encore des soldats.

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Près de 3 000 militaires seraient en garde à vue, dont deux généraux qui commandaient le deuxième et le troisième corps d'armée, rapporte notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette. C'est une « purge » si importante qu'il est presque difficile de suivre heure après heure toutes les arrestations.

« Le grand ménage continue », a déclaré dimanche le ministre de la Justice, Bekir Bozdag, cité par l'agence Anadolu, à propos des coups de filet en cours. « Il y a environ 6 000 personnes en garde à vue. »

De son côté, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a promis d'éliminer « le virus » dans l'Etat après le putsch raté, et demande à ses partisans de rester sur les places publiques, estimant que les évènements ne seront pas réglés en quelques heures.

Une tentative de coup d’Etat inédit

Cette tentative de putsch est marquante par son caractère inédit : elle n'a pas été, contrairement aux coups d'Etat précédents en Turquie, initiée par le sommet de l'armée.

Les dirigeants du putsch de la nuit de vendredi au samedi 16 juillet sont apparemment des généraux de brigade, des colonels, des chefs de gendarmerie, et donc pas le sommet de la hiérarchie militaire.

L'armée turque, en 2016, n'est pas celle d'il y a trente ou même quinze ans. Ses prérogatives ont été diminuées au début des années 2000 sous Erdogan, et son état-major a également graduellement été remplacé.

Mais au-delà du nom ou de la position des responsables de ce coup d’Etat avorté, l’institution militaire doit encaisser un coup dur, qui pour la première fois de son histoire a montré des failles de commandement, et qui n'a pas parlé d'une seule voix.

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