Ukraine / Donald Trump

Les liens supposés entre Trump et le Kremlin inquiètent l'Ukraine

Paul Manafort, conseiller de Donald Trump, lors de la convention républicaine à Cleveland, le 17 juillet 2016.
Paul Manafort, conseiller de Donald Trump, lors de la convention républicaine à Cleveland, le 17 juillet 2016. AFP/Getty Images/Win McNamee

Les autorités ukrainiennes de lutte contre la corruption enquêtent sur d'importantes sommes non déclarées par Paul Manafort du temps où il travaillait à Kiev. Ce dernier était à l'époque conseiller de l'ex-président autoritaire et russophile Vitkor Ianoukovitch et fait désormais partie de l'équipe de campagne de Donald Trump.

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Avec notre envoyé spécial à Loutsk, Sébastien Gobert

L’Ukraine suit avec attention les révélations publiées aujourd’hui dans le New York Times sur l'un des conseillers de campagne de Donald Trump, Paul Manafort. Ce dernier était auparavant conseiller du président autoritaire et russophile Viktor Ianoukovitch, renversé en 2014. Les Ukrainiens y voient un lien entre Donald Trump et cet ancien régime et, au-delà, avec la Russie de Vladimir Poutine.

Les sommes non déclarées, répertoriées à la main sur des petites feuilles de papier  au nom de Paul Manafort, atteignent le montant de 12,8 millions de dollars de paiements en liquide, étalés entre 2007 et 2012. Et encore, il ne s'agirait que du sommet de l’iceberg.

Paul Manafort était pendant longtemps basé à Kiev comme consultant auprès du Parti des régions, l’ancienne majorité présidentielle de Viktor Ianoukovitch. Une enquête de longue haleine du Bureau national anticorruption à Kiev révèle ainsi un système occulte de financement de cette formation politique.

Rapprochement stratégique Poutine-Trump

Les enquêteurs précisent que rien ne permet de certifier que Paul Manafort a effectivement touché ces sommes en liquide. Mais ils précisent bien qu’il était impossible pour quiconque de faire affaire avec l’ancien régime sans réaliser l’étendue de la corruption généralisée qui régnait alors.

Ce n’est pas la première fois que les liens de Paul Manafort avec des intérêts ukrainiens et russes sont rendus publics. Il conseille aujourd’hui Donald Trump. Le milliardaire et candidat républicain à la Maison Blanche ne tarit pas d’éloges envers Vladimir Poutine, et envisagerait, s’il est élu président, de reconnaître l’annexion illégale de la Crimée par le Kremlin, et de moins soutenir les voisins européens de la Russie. En Ukraine, l’enquête sur les financements de l’ancien régime fascine mais le futur inquiète.

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