Russie

Anna Politkovskaïa: 10 ans après, les commanditaires courent toujours

Une femme tient un portrait de la journaliste russe Anna Politkovskaïa lors d'une manifestation pour marquer le 10e anniversaire de son assassinat, le 7 octobre 2016.
Une femme tient un portrait de la journaliste russe Anna Politkovskaïa lors d'une manifestation pour marquer le 10e anniversaire de son assassinat, le 7 octobre 2016. Natalia KOLESNIKOVA / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Il y a dix ans, la journaliste russe Anna Politkovskaïa était assassinée dans l'entrée de son immeuble. Ce vendredi 7 octobre, ses amis se sont rassemblés devant le journal où elle travaillait, Novaïa Gazeta, en présence de diplomates européens et américains.

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Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

« Tout ce qu'elle faisait, c'était avec beaucoup d'âme, c'était sincère. Elle protégeait les malheureux, les humbles », estime un homme venu déposer des fleurs devant le siège de Novaïa Gazeta, à l’occasion du dixième anniversaire de l’assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa, qui s’était beaucoup impliquée contre la guerre en Tchétchénie et pour la démocratie.

Si ses assassins ont été condamnés il y a deux ans, les commanditaires, eux, n'ont jamais été inquiétés. Pour les collègues de la journaliste, la passivité des enquêteurs est insupportable. « Je n'ai pas de réponse à la question principale : où en est l'enquête ? On ne sait même pas si quelqu'un cherche le commanditaire », s’agace ainsi Sergueï Sokolov, rédacteur en chef adjoint de Novaïa Gazeta.

Les avocats ont demandé l'audition de responsables tchétchènes qui ont souvent été cités dans cette affaire. En vain. Et l'avocate de la famille, Ana Stavitskaïa, craint que l'affaire ne tombe dans l'oubli : « Plus le temps passe, plus il sera difficile d'identifier les commanditaires. Mais si les enquêteurs qui ont des moyens énormes l'avaient voulu, ils auraient pu le faire. »

Dix ans après l'assassinat d’Anna Politkovskaïa, être journaliste en Russie comporte toujours des risques. « C’est toujours dangereux. Il y a des journalistes qui traitent des questions de corruption, de crimes commis par les représentants du pouvoir. Ceux-là risquent leur vie, leur liberté », explique Zoïa Svetova, journaliste et militante des droits de l'homme. La Russie figure à la 148e place sur 180 dans le classement 2016 de Reporters sans frontières.

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