Espagne

Espagne: très affaibli, le PSOE laisse Rajoy gouverner

L'actuel Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, après avoir voté pour les élections législatives du 26 juin 2016.
L'actuel Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, après avoir voté pour les élections législatives du 26 juin 2016. REUTERS/Juan Medina
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En Espagne, c'est la fin de dix mois de blocage politique. L’abstention du Parti socialiste va permettre de laisser gouverner les conservateurs pour un second mandat consécutif. Mariano Rajoy devrait être de nouveau intronisé le week-end prochain.

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Avec notre correspondant à Madrid,  François Musseau

La décision socialiste de s'abstenir confirme d'abord que le PSOE est un parti très affaibli et profondément fracturé entre ceux qui acceptent le maintien des conservateurs et ceux qui veulent s’y opposer à tout prix.

Dans le camp de Mariano Rajoy, on se frotte les mains, même si officiellement on se montre prudent en annonçant « un esprit d’ouverture et de compromis ». De fait, avec seulement 137 députés sur 350, les conservateurs n'ont pas une grande marge de manoeuvre.

L’autre grand vainqueur, c’est le jeune parti de gauche radicale Podemos, troisième force au Parlement. Avec cette décision, les Indignés de Podemos vont soudain devenir la seule opposition au futur gouvernement de Rajoy. Ils se disent de toute façon « la seule et unique alternative à l’establishment et aux élites ».

Faiblesse ou réalisme ?

Le grand risque pour le parti socialiste désormais est d’avoir incarné en quelque sorte « l’idiot utile » de la droite et de se diriger vers une décadence électorale irrémédiable.

Mais pour Barbara Loyer, enseignante chercheuse à l'Université Paris 8, cette décision du PSOE « n'est pas une preuve de faiblesse, c’est une preuve de réalisme ». Elle rappelle que les socialistes sont certes minoritaires, mais que le parti populaire n'a pas de majorité absolue au Parlement. « Le résultat d’une troisième élection aurait peut-être été une majorité presque absolue pour le parti populaire c’est-à-dire une situation mettant le PSOE dans une position bien plus faible qu’il n’est actuellement », analyse la chercheuse.

Pour elle, « le risque de la part des dirigeants du PSOE qui ont forcé ce dénouement, c’était que le PSOE perde encore plus de voix et passe vraiment derrière Podemos et n’arrive pas à se reconstruire ». Pour autant, la reconstruction « ne va pas être facile » pour les socialistes, reconnaît la chercheuse.

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