Islande

Législatives en Islande: le Parti Pirate favori des élections

La leader du Parti Pirate, Birgitta Jonsdottir, pourrait bien devenir le nouveau Premier ministre islandais après les élections législatives du samedi 29 octobre 2016.
La leader du Parti Pirate, Birgitta Jonsdottir, pourrait bien devenir le nouveau Premier ministre islandais après les élections législatives du samedi 29 octobre 2016. REUTERS/Gwladys Fouche
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les Islandais sont appelés aux urnes ce samedi 29 octobre pour des élections législatives anticipées par le scandale des paradis fiscaux provoqué par les « Panama Papers ». Le Premier ministre ainsi que deux ministres avaient été poussés à la démission après des manifestations monstres en Islande. Le Parti Pirate, qui milite pour une réforme en profondeur, est très bien placé dans les sondages à quelques jours du scrutin, il pourrait être en position de gouverner en formant une coalition.

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Déjà très affaiblis par la crise financière de 2008, les deux partis traditionnels de l'exécutif sortant : le Parti du progrès (de centre-droit) et le Parti de l'indépendance, sont en bien mauvaise posture, après le scandale des « Panama Papers ».

Le Parti de l'indépendance, membre de la coalition au pouvoir, serait pourtant en tête des sondages, juste devant le Parti Pirate que certaines études d’opinions créditent de 20 à 23% des intentions de vote.

Un accord signé pour une coalition

Les Piratar viennent de signer un accord avec le mouvement Gauche-Verts, les sociaux-démocrates et les centristes de « Bright Future » pour former une coalition à l'issue du vote de ce samedi et offrir une « alternative claire » pour « créer une nouvelle opportunité pour la société islandaise », selon le communiqué commun.

« La première chose que nous ferons si nous sommes en position de gouverner sera de faire voter la nouvelle Constitution par le Parlement. Et je suis assez optimiste sur le fait que cela puisse advenir avec une coalition, a expliqué la co-fondatrice du Parti Pirate et potentielle future Premier ministre, Birgitta Jonsdottir. Ensuite nous organiserons un référendum pour demander aux Islandais s’ils souhaitent soutenir ou pas une intégration dans l’Union européenne, puis nous exigerons que les ministres ne puissent plus être parlementaires et cumuler ces fonctions. »

Les Islandais semblent donc prêts à changer radicalement de politique. En cas de victoire, le Parti Pirate entend faire adopter la nouvelle Constitution citoyenne, écrite en 2011, réformer certaines règles politiques et proposer un référendum sur l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne. 


L'analyse d'Eva Önnudóttir, professeur de sciences politiques à l'université d'Islande.

« A la fin de cette campagne on s'aperçoit que cela devient surtout un choix entre l'actuelle coalition de droite au pouvoir, mais ils auront sans doute besoin des voies d'un autre parti pour gouverner, ou l'opposition de gauche qui est prête à former une coalition et dans cette opposition c'est le parti pirate qui a le plus de soutien. C'est inédit qu'un parti aussi jeune récolte autant de voix. Ils ont été élus la première fois en 2013 avec 5 % des suffrages, et maintenant ils sont sur le point d'être élu le deuxième parti le plus important du Parlement. On voit qu'effectivement une bonne partie des Islandais soutient cette voie du changement, mais on ne peut pas ignorer non plus cette autre moitié des électeurs qui semble vouloir continuer avec la politique que nous avons eue par le passé. »

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