Accéder au contenu principal
Turquie

Turquie: «Cumhuriyet», un quotidien sous pression

De nombreuses personnes sont venus manifester leur soutien devant les locaux du journal, ce lundi 31 ocotbre 2016 à Istanbul.
De nombreuses personnes sont venus manifester leur soutien devant les locaux du journal, ce lundi 31 ocotbre 2016 à Istanbul. REUTERS/Murad Sezer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La police turque a procédé ce lundi 31 octobre à l'arrestation d'une douzaine de membres du personnel du quotidien d'opposition, Cumhuriyet, dont son rédacteur en chef, accusés d'avoir publié des articles potentiellement de nature à légitimer l'action des putschistes. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant les locaux du journal à Istanbul pour exprimer leur soutien à la rédaction et crier « Le journalisme n'est pas un crime ! » Cumhuriyet est un des derniers et des plus anciens journaux d'opposition.

Publicité

Fondé en 1924, Cumhuriyet (« République » en turc) s'est transformé en machine à scoops sous la houlette du célèbre journaliste turc Can Dündar, prédécesseur de M. Sabuncu, multipliant les enquêtes embarrassantes pour le pouvoir.

Il a notamment publié en 2015 une enquête retentissante affirmant, vidéo à l'appui, que les services secrets turcs avaient fourni des armes à des rebelles islamistes en Syrie. M. Erdogan avait alors affirmé que M. Dündar allait « payer le prix fort ».

« Ils prennent d'assaut la dernière forteresse », a réagi sur Twitter M. Dündar, condamné pour « révélation de secrets d'Etat » en première instance et qui vit désormais en Allemagne.

Pressions « purement politiques »

Les Etats-Unis, par la voix du département d'Etat, se sont dit « profondément préoccupés par ce qui semble être une pression accrue du pouvoir sur des médias d'opposition ». Au micro de RFI, Erol Onderoglu, le représentant de Reporters sans frontières à Istanbul dénonce « des pressions purement politiques. »

« On ne peut que dénoncer l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire au profit d’un gouvernement qui a mis en application une politique pour réduire au silence, non seulement les partis d’opposition, mais aussi les médias critiques, explique-t-il. Cumhuriyet, c’est un des six anciens médias quotidiens en Turquie. Avoir plus d’une dizaine de journalistes en garde-à-vue, c’est une pression immense que ce petit quotidien peut ressentir aujourd’hui. »

Estimant qu'une « nouvelle ligne rouge a été franchie contre la liberté d'expression en Turquie », le président du Parlement européen Martin Schulz a affirmé lundi que les « purges massives en cours semblent motivées par des considérations politiques plutôt que par une logique légale ou sécuritaire ».

Les autorités turques nient pour leur part toute atteinte à la liberté de la presse et affirment que les seuls journalistes arrêtés sont ceux liés à des « organisations terroristes », expression désignant le PKK et le réseau güléniste.

(avec AFP)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.