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Turquie / Union européenne

Le président Erdogan envisage un référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'UE

La Turquie a un statut de pays candidat à l'Union européenne.
La Turquie a un statut de pays candidat à l'Union européenne. REUTERS/Murad Sezer
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Turquie, Recep Tayyip Erdogan a mis en garde l'Union européenne lundi 14 novembre : le président turc menace d'organiser un référendum en 2017 sur la poursuite ou non des négociations concernant l'adhésion du pays à l'UE, qui ont officiellement commencé il y a douze ans. Les relations sont déjà au plus mal entre Ankara et Bruxelles, notamment en raison du refus de l'Europe de lever les visas pour les Turcs en échange de l'application de l'accord négocié sur les réfugiés en Turquie.

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Avec notre correspondant à Istanbul,  Alexandre Billette

Après le Brexit, peut-être le « Turkexit ». Bien sûr, la Turquie n'est pas dans l'Union européenne, mais le président Erdogan a évoqué à deux reprises ces derniers jours l'hypothèse d'un référendum pour que les Turcs se prononcent.

Pour le président turc, c'est une façon de mettre la pression sur Bruxelles, voire de mettre définitivement fin au processus en invoquant la volonté populaire. Le régime de Recep Tayyip Erdogan est de plus en plus en froid avec l'Europe depuis, notamment, le coup d'Etat avorté.

La tentation du référendum

Mais l'abandon de la candidature turque aurait des conséquences, et surtout un coût : le pays reçoit plus d'un milliard d'euros par an de l'UE en aides, à titre de pays candidat.

Le président turc semble décidément séduit par les référendums pour éliminer, en quelque sorte, les intermédiaires entre lui et le peuple. En 2017, les Turcs pourraient aussi se prononcer pour passer à un régime présidentiel et pour réinstaurer la peine de mort.

« Couper tous les ponts avec la Turquie », une mauvaise idée

De leur côté, les Européens sont toujours aussi frileux face à la dérive autoritaire de la présidence turque. Au même moment, les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles lundi ont renouvelé leurs préoccupations face aux atteintes répétées à l'Etat de droit et à la liberté d'expression en Turquie. Mais les Vingt-Huit ne sont toujours pas prêts à prendre des mesures de rétorsion contre le président Erdogan et son gouvernement.

« Couper maintenant de notre côté tous les ponts avec la Turquie en ce qui concerne le statut de pays candidat à mon avis reste une faute, estime Jean Asselborn, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. Parce que, si on le fait, les moyens de pression diplomatique n’existent plus et je pense aux millions de Turcs qui espèrent que l’Union européenne peut les tirer de ce trou. Et c’est un trou, parce que, quand vous voyez qu’il y a quand même presque 150 000 personnes qui ont perdu leur emploi, qui ont perdu peut-être leur logement, qui n’ont plus les moyens de nourrir leurs enfants, leur famille, qui sont dans des situations effroyables sur la base de soupçons, qui ont été condamnées, qui n’ont pas eu droit à un procès, il faut qu’on reste en contact avec les autorités turques pour dénoncer cet état des choses qui est indigne d’un pays qui veut devenir membre de l’Union européenne. Si la peine de mort est vraiment rétablie, on n’a plus besoin de prendre de décision. De facto, toute discussion sur une adhésion va disparaître. »

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