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Turquie/Syrie

La Turquie menace de fermer la base stratégique d'Incirlik à la coalition

Un avion de chasse américain F-16 décolle de la base d'Incirlik, dans le sud de la Turquie.
Un avion de chasse américain F-16 décolle de la base d'Incirlik, dans le sud de la Turquie. REUTERS/U.S. Air Force/Airman 1st Class Deana Heitzman
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La Turquie a affirmé ce jeudi 5 janvier qu'elle se réservait le droit de fermer la base aérienne d'Incirlik à la coalition internationale qui lutte contre les jihadistes en Syrie, sur fond de tensions entre Ankara et Washington.

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« Le droit de dire "nous allons fermer Incirlik" est toujours entre nos mains, mais, comme je l'ai déjà dit, les conditions seront évaluées », a déclaré Ibrahim Kalin, porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan, interrogé sur la chaîne de télévision 24 TV. Il a ajouté que la question ne se posait pas de façon « urgente ».

Selon Dorothée Schmid, spécialiste des politiques européennes en Méditerranée et au Moyen-Orient, à l'Institut français des relations internationales (Ifri), cette menace brandie par Ankara n’est pas très surprenante. « C’est une pression un peu habituelle de la part des autorités turques. La base d’Incirlik, une très grande base qui est située près d’Adana à la frontière avec la Syrie, est un élément très important pour la coalition anti-Daech et pour les opérations aériennes de la coalition en Syrie. Et les Turcs sont parfaitement conscients du fait que c’est un atout stratégique important pour les Etats-Unis. Donc traditionnellement dans le dialogue militaire avec les Etats-Unis, la question de la base d’Incirlik revient très régulièrement. »

La Turquie met depuis 2015 sa base aérienne d'Incirlik à disposition des avions alliés menant des opérations contre les jihadistes en Syrie. Mais de profondes divergences opposent Ankara et Washington sur le dossier syrien, notamment en raison du soutien américain aux milices kurdes syriennes, que la Turquie considère comme des groupes terroristes émanant du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

La question des Kurdes syriens

Dorothée Schmid estime que la déclaration turque a précisément pour objectif de faire passer un message à la coalition concernant ces milices. « Ce que la Turquie souhaite, en réalité, c’est que les Etats-Unis cessent le soutien aux forces démocratiques syriennes, c’est-à-dire aux groupes qui rassemblent à la fois les kurdes syriens, qui sont aujourd’hui les ennemis de la Turquie, et un certain nombre de milices arabes qui sont en train de se battre du côté de Raqqa pour faire tomber éventuellement à termes la deuxième capitale de l’Etat islamique. Or les Turcs ont décidé qu’une fois pour toute queles Kurdes syriens ne devaient pas accéder à l’autonomie et sont extrêmement inquiets de cette montée en puissance militaire»

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu s'était déjà interrogé sur l'opportunité de laisser les forces américaines utiliser Incirlik quand celles-ci ne soutiennent pas selon lui les « opérations les plus importantes » menées en Syrie. Ankara et Washington coopèrent « dans quasiment tous les domaines », avait ajouté M. Cavusoglu, selon l’agence de presse Anadolu. « Mais le fait est que nous traversons une crise de confiance ».

En réaction, la coalition s'est dite prête à soutenir les opérations turques dans le nord de la Syrie, sans préciser de quelle manière. Incirlik a « une valeur inestimable » pour les opérations de la coalition contre le groupe Etat islamique, a ainsi souligné le colonel John Dorrian, un porte-parole militaire de la coalition.

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