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France / Allemagne

2017: en déplacement à Berlin, Macron s'érige en défenseur de l'Union européenne

Emmanuel Macron, en visite dans un atelier de la Deutsche Bahn, entouré de journalistes, de fonctionnaires allemands et de réfugiés en formation, le 10 janvier 2017 à Berlin.
Emmanuel Macron, en visite dans un atelier de la Deutsche Bahn, entouré de journalistes, de fonctionnaires allemands et de réfugiés en formation, le 10 janvier 2017 à Berlin. REUTERS/Fabrizio Bensch
Texte par : RFI Suivre
4 mn

On parle beaucoup de lui actuellement dans les émissions politiques françaises. Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle, se trouve actuellement en Allemagne pour peaufiner sa stature internationale. Au cœur de sa visite berlinoise, qui a suscité l'intérêt de la communauté française et des médias allemands, prononçant un discours sur l'Europe, dont l'ancien ministre se fait le défenseur, et sur l'avenir du franco-allemand.

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Entre les mails émis directement par le candidat, et le « buzz » orchestré sur le Net par ses supporters locaux, difficile de ne pas être au courant du passage de l'ancien ministre français de l'Economie à Berlin, explique notre correspondant sur place, Pascal Thibaut. L'intérêt était au rendez-vous mardi 10 janvier, puisque la salle accueillant 250 Français du cru, plutôt jeunes et emballés, affichait complet à la mi-journée.

Emmanuel Macron s'est ensuite rendu dans un atelier de la Deutsche Bahn, l'entreprise ferroviaire publique allemande qui forme actuellement des réfugiés. L'occasion de rendre hommage à Angela Merkel : « Je voulais saluer ce qu'avait décidé la chancelière, parce que c'est la fierté, la force de l'Europe, d'avoir accueilli des réfugiés », a-t-il déclaré, ajoutant que l'Allemagne avait « pris ses responsabilités ».

Le candidat à la présidentielle, auréolé d'une forte dynamique dans les récents sondages en France, est ensuite allé déposer une gerbe sur les lieux de l'attentat perpétré par Anis Amri le 19 décembre dernier sur un marché de Noël de la capitale fédérale allemande. Et de se rendre à l'université Humboldtmardi soirée, pour prononcer un discours sur l'Europe où l'on a dû refuser du monde à l'entrée.

Emmanuel Macron, soucieux d'asseoir sa stature internationale à l'aide de ses voyages à l'étranger, a plaidé pour une « Europe de la souveraineté » contre les replis nationaux, et a insisté sur le rôle moteur du couple franco-allemand. « Je défends aujourd'hui une Europe de la souveraineté, a-t-il déclaré, car je n'accepte pas de laisser le terme de " souveraineté " aux populistes du repli national et à leurs mensonges ».

Un discours volontariste sur la construction européenne

Le candidat a plaidé pour une intégration plus forte en matière de défense, de renseignement ou encore de numérique. Il propose par exemple de renforcer l'agence Frontex, en mobilisant 5 000 gardes-frontières européens. « Je veux qu'on ait un Schengen renforcé », plaide-t-il, défendant également l'euro. « La vérité que nous devons collectivement assumer, c'est que l'euro est incomplet et ne peut pas durablement fonctionner sans réforme majeure », considère-t-il.

Le fondateur du mouvement politique En marche ! veut une Union européenne plus démocratique et plus solidaire à l'égard des jeunes. Il en appelle à un « New Deal » composé de réformes et d'investissement. Il propose de débattre à nouveau de l'émission de dette européenne, et n'exclut pas de défendre une modification des traités. « Je proposerai comme président de la République française dès le Conseil européen de décembre 2017 de lancer dans toute l'Union des conventions démocratiques pendant six à dix mois », dit-il.

Au passage, Emmanuel Macron n'a pas manqué de s'attirer les foudres du Front national, s'exprimant en partie, lors de son séjour à Berlin, en anglais. « Par facilité », a-t-il expliqué, prenant le soin de transmettre une version française de son propos sur les réseaux sociaux. « Le candidat à la présidentielle Macron va à Berlin faire une conférence en anglais... Pauvre France ! », a tweeté la candidate frontiste Marine Le Pen mardi soir.

En revanche, son discours a visiblement plu à l'ancien eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, qui était au premier rang. Mais aussi à l'ancien ministre allemand des Affaires étrangères, l'écologiste Joschka Fischer, qui avait tenu un discours important sur l'Europe au même endroit en 2000. M. Macron doit rencontrer ce mercredi le président du Parti social-démocrate et ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, ainsi que le probable prochain président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier.

→ À relire : Emmanuel Macron, « l'Européen »

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