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Italie

Noyade en public d’un jeune Gambien à Venise: la justice ouvre une enquête

Le Grand Canal de Venise (illustration).
Le Grand Canal de Venise (illustration). Julian Elliott Photography
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les réactions sont nombreuses après la diffusion d’une vidéo d’un jeune Gambien se noyant dans le Grand Canal de Venise sous les moqueries des passants. Les questions aussi. Une enquête a été ouverte par le parquet de Venise pour tenter d’y répondre.

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Avec notre correspondante à Rome,  Anne Le Nir

Quarante-neuf secondes vont s’écouler entre le moment où, d’après les images d’une vidéo amateur tournée par un Italien, la tête du jeune Gambien est encore hors de l’eau glacée du Grand Canal de Venise, et celui où il coule. Quarante-neuf secondes rythmées par ces commentaires : « Eh ! Africa, tu es bête ou quoi ? » « Bah, vaut peut-être mieux le laisser mourir. »

On entend ensuite crier à l’intention de conducteurs de navettes fluviales : « Lancez des bouées de sauvetage ! » Quatre sont jetées à l’eau. Mais l’homme âgé de 22 ans, selon ses papiers retrouvés dans son sac à dos, ne s’y agrippe pas. Soit parce qu’il n’y parvient pas, soit, soutiennent des témoins, parce qu’il s’y refuse.

Pateh Sabally – c’était son nom – voulait-il vraiment se suicider comme l’indiquent les premiers rapports de la police ? Et pourquoi dans la cité des Doges, bondée d’habitants et de touristes, personne n’a réussi à le sauver après son « plongeon » dans une eau dont la température ne dépassait pas 5 degrés ?

Une chose est certaine : une centaine de Vénitiens et de touristes ont assisté à la scène sans agir. Le parquet de Venise a ouvert une enquête pour déterminer qui serait en faute dans cette tragédie. Comme le souligne un responsable des services de sauvetage locaux, quelque chose de plus aurait pu être fait pour secourir cette personne désespérée.

Une association de migrants a organisé ce vendredi une petite cérémonie et jeté une couronne de fleurs, aux couleurs de la Gambie, dans le Grand Canal. Les obsèques du réfugié, qui avait un titre de séjour pour motifs humanitaires, seront entièrement aux frais de la mairie de Venise. Un geste qui n’efface pas le choc face à l’indifférence nourrie par des sentiments racistes.

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