Accéder au contenu principal
Royaume-Unis

Londres met fin à des centaines d'enquêtes sur des violences commises en Irak

Des soldats britanniques sécurisent une route au sud de Bagdad en décembre 2007.
Des soldats britanniques sécurisent une route au sud de Bagdad en décembre 2007. PHOTO/ESSAM AL-SUDANI
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le gouvernement britannique a décidé de supprimer l'organe chargé d'enquêter sur les accusations de violations des droits de l'homme par des soldats britanniques en Irak, a annoncé vendredi le ministère de la Défense britannique, laissant des centaines d'affaires irrésolues.

Publicité

Créé en 2010 par l'ancien gouvernement travailliste, l'Iraq Historic Allegations Team (IHAT) enquête actuellement sur 675 affaires, dont des allégations d'homicides. Seuls 20 dossiers seront transmis à la Royal Navy Police, la police de la Marine britannique. « Cela constituera un soulagement pour nos soldats, qui ont vu des soupçons peser sur eux pendant trop longtemps », a déclaré le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon. Une commission parlementaire avait affirmé plus tôt vendredi que des vétérans de la guerre d'Irak avaient été « intimidés » et certains même espionnés par les enquêteurs de l'IHAT, qui ont résolu plusieurs centaines d'affaires.

Amnesty International a aussitôt fustigé cette décision, estimant que les violences commises en Irak « ne devaient pas être mises sous le tapis ». Elle a également critiqué le transfert de 20 dossiers à la police de la Marine britannique. « La réputation de l'armée britannique est en jeu : toute allégation crédible concernant des violations des droits de l'homme commises par les forces britanniques en Irak et en Afghanistan doivent faire l'objet d'enquêtes indépendantes, menées par un organe indépendant de l'armée », a déploré l'ONG dans un communiqué.

Eviter les poursuites « abusives » contre les soldats britanniques

Amnesty souligne que « les forces britanniques ont commis des choses horribles dans leurs prisons », citant le cas emblématique de Baha Moussa, réceptionniste d'hôtel décédé en 2003 à Bassorah (sud de l'Irak) après avoir subi « une série épouvantable de violences gratuites » par des membres du Premier Bataillon du Queen's Lancashire Regiment, selon une enquête publique britannique publiée en 2011.

Le Royaume-Uni avait déjà annoncé en octobre son intention de déroger à la Convention européenne des droits de l'Homme en période de guerre, pour éviter des poursuites « abusives » contre ses soldats, une décision qui avait été qualifiée de rétrograde par les organisations des droits de l'homme.

(avec AFP)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.