Espagne

Espagne: Iglesias réélu à la tête de Podemos, la ligne contestataire l'emporte

Pablo Iglesias avait prévenu avant le congrès: si son programme était rejeté, il démissionnerait de la tête du parti.
Pablo Iglesias avait prévenu avant le congrès: si son programme était rejeté, il démissionnerait de la tête du parti. REUTERS/Susana Vera
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Pablo Iglesias reste à la tête de Podemos. Le chef de la formation de la gauche radicale espagnole a été largement reconduit dans ses fonctions lors du congrès du parti qui s’est tenu à Madrid ces 11 et 12 février. Il recueille 89% des voix. Les militants ont aussi voté massivement en faveur de son programme. C’est donc la ligne contestataire et anti-système qui a fini par l’emporter.

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Le résultat est net : Pablo Iglesias et son programme l'ont emporté haut la main.
C’est donc l’épilogue de mois de déchirements internes sur la direction que doit prendre Podemos, le parti issu du mouvement des indignés contre l'austérité et la corruption. Comme en écho aux quelques 155 000 militants qui ont scandé « Unité ! », hier au palais des congrès de Madrid, Pablo Iglesias a lancé, « unité et humilité jusqu’à la victoire », à l’annonce du résultat du vote.

Podemos, troisième force politique au Parlement espagnol va donc rester dans la contestation du système et ne va pas se mettre à nouer des alliances ponctuelles avec le PSOE, le parti socialiste, pour mettre le gouvernement en minorité sur cetains dossiers, comme le préconisait le numéro deux de la formation. Ínigo Errejón, en effet, souhaitait polir l’image du parti pour « faire moins peur », selon ses propres termes. A l’inverse, Iglesias veut privilégier le « combat dans la rue » et l’alliance avec des organisations syndicales.

Le chef charismatique de Podemos avait prévenu avant le congrès : si son programme était rejeté, il démissionnerait de la tête du parti. L’ultimatum a fonctionné, sa ligne l’a emporté avec 56% des voix des militants, ce qui lui offrira près de 60% des sièges à la direction du parti.

Quel avenir pour Podemos ?

Unité et Humilité. Ce sont les deux mots clés, les deux promesses qu’a faites Pablo Iglesias peu après son triomphe. Celui qui va concentrer désormais tous les pouvoirs au sein de la formation de gauche radicale veut ainsi contredire les rumeurs selon lesquelles il va en profiter pour renforcer son leadership et affaiblir son grand rival Inigo Errejon, analyse notre correspondant à Madrid, François Musseau.

Cette victoire du leader charismatique à la queue de cheval ouvre une période de grande incertitude. Certes, la discipline interne va être renforcée, mais voyant une dérive sur la gauche, de nombreux votants modérés qui viennent du parti socialiste risquent fort d’abandonner Podemos.

Un Podemos qui, avec Pablo Iglesias, cherchera à revenir aux origines, c’est-à- dire à « épouser les luttes populaires, à manifester dans les rues, à être plus agressif contre la caste, c’est-à-dire les élites politico-financières ».

C’est un pari à quitte ou double : Podemos peut renforcer son adhésion parmi les mécontents, mais pourrait bien aussi renoncer à sa grande ambition : devenir la nouvelle force social-démocrate, au détriment d’un parti socialiste en pleine déliquescence.

Nous sommes une force politique du XXIe siècle qui avance avec d’autres et qui avance avec les gens.

Pablo Iglesias, chef du parti Podemos, après sa réélection

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